« The » Perfect Circle

Vu que je ne trouve pas de phrase d’introduction percutante, je vais commencer comme ça. Hier, je suis allé voir A Perfect Circle en concert. Et ça ne trompe pas. Pourtant, ils avaient prévenu, il avaient mis « perfect » dans le nom du groupe. Bon, ils ont aussi mis « a » et « circle« , mais c’est sûrement pour pas avoir l’air prétentieux.

Racontons le concert par le menu :
On arrive dans la salle vers 8h, c’est-à-dire bien à l’heure. On nous place dans la section appropriée, la salle de concert ne contenant que des places assises. C’est une grande salle de spectacle vraisemblablement construite pour y apprécier un philharmonique. Sur la scène, deux batteries. Je n’ai pas entendu parler d’une première partie. Mais une des deux batteries ne ressemble vraiment à rien. Toute jaune avec un tom en forme de tube courbé et impossible de s’imaginer la forme de la grosse caisse. Peut-être est-ce seulement l’éclairage de la scène qui donne cette impression… En fait, non. En fait, non sur toute la ligne. Finalement, il y a une première partie. La batterie appartient à un groupe de Japonaises déjantées y au style incertain (Rock ? Punk ? Metal ?). C’est dingue ces Japonais comme ils sont pas capable de rester dans un style précis et reconnaissable ! Tu m’étonnes qu’on n’en trouve quasiment pas au Virgin

Au fait, le groupe s’appelle Red Bacteria Vacuum (juste pour vous montrer le niveau). Bon, c’était pas mal, il faudra se renseigner un peu sur ce groupe.

Après une demi-heure de mignonnes gesticulations et de cris gutturaux,  elles terminent leur prestation. Les techniciens s’accaparent immédiatement le territoire déserté. On vire la batterie jaune. Pas trop tôt, ça me faisait mal au cerveau. Si vous voulez voir des images de la fameuse batterie et de la disposition de la scène, les photos copyrightées sont sur ce site. On règle les instruments. Le son des toms est extrêmement court. Beaucoup trop court pour un groupe de rock, même.

Au bout d’une quinzaine de minutes, les lumière s’éteignent, le groupe entre sur scène sous les vagues d’applaudissement d’un public déjà conquis. Et pour cause. Quelle raison y aurait-il de douter d’un groupe qui a montré tout au long de son existence une qualité irréprochable ?  Ah non, en fait, il manquait Maynard James Keenan, chanteur du groupe. Bien essayé, d’arriver dans le noir alors que tous tes collègues étaient sous les spots, mais le public ne s’est pas laissé avoir et t’as eu le droit à encore plus d’énergie et d’admiration communiquées. Il va falloir essayer de te déguiser en Billy Howerdel, la prochaine fois. Si tu reprends ton look dans Tool, ça peut aider.

Sur ce commence la performance. C’est du léché, c’est propre, on entend tout. Le batteur parcourt ses toms et ses cymbales comme s’il avait un toc « Si je touche pas toutes les pièces de ma batterie au cours d’un break, je me sens pas bien. » Pourtant, c’est différent. Il y a juste assez de prise de libertés pour faire du concert une expérience unique tout en laissant le public se baser sur sa connaissance des musiques. C’est magistral et quand le groupe entonne Counting Bodies Like Sheep To The Rhythm Of The War Drums et que tout le public jette son bras en avant dans la semi-pénombre, je sais que j’assiste à un événement rivalisant avec d’autres légendes.  A l’instar de We Will Rock You, un concerto pour milliers de mains.

Le concert s’est fini trop vite. Une heure et demie. Le temps normal, mais pas de rappels. Le groupe a tout enchaîné, ce qui a laisse certains d’entre nous sur leur faim, car non préparés à ce que le concert finisse. Je préfère penser qu’on y a gagné au moins 5 minutes de musique, une chanson, sur le temps que beaucoup de groupe mettent à revenir sur scène. Au final, comme tout le reste dans la vie, il n’en restera que des images, des flashs, des impressions instantanées dans la mémoire. Comme la présentation des musiciens au cours de laquelle ou un projecteur a rapidement survolé Maynard James Keenan (toujours chanteur). C’est le seul moment ou il a été éclairé. Ou à la fin de The Outsider. Ou au début plutôt, le début d’abord, quand aux premières notes, tous ceux qui ne l’étaient pas encore se sont levés. Il semblerait qu’on ne puisse absorber un concert que debout. Ou pas. Ou alors seulement celui-ci. Et à la fin de la chanson, donc, les applaudissements à n’en plus finir. Tellement que si vous n’aviez pas entamé un autre morceau seulement 30 secondes après, on aurait pu continuer encore et encore.  Trente seconde, c’est court. J’aurais voulu pouvoir applaudir bien plus que ça. Une minute, cinq, quinze… Le sentiment irréel d’être au même endroit que le chanteur. Celui qui à travers ses créations et ses mélodies dans Tool et A Perfect Circle a tellement apporté d’originalité. Dans la musique en général, mais surtout pour la nouveauté qu’il m’a apporté. Seulement 30 mètres nous séparaient. Et le sentiment d’être en présence d’un Dieu, d’un Créateur. Celui qui a trouvé de nouvelles substances à extraire de la musique même. Bien sûr, les autres musiciens ne comptaient pas pour rien. Surtout le batteur qui (rentabilisant bien les réglages dont j’ai parlé plus haut) donnait à la musique tout son esprit plus que rock. Mais quand même, c’est Keenan qui m’assommait de grandeur.

Donc dans mes plans à court terme, j’ai rajouté devenir connu pour connaitre Maynard James Keenan personnellement. Voilà, on s’y met.

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Salade de fruits, Joly, Joly, Joly

Le Monde a été gentil en exposant doctement les griefs qu’avaient différentes personnalités politiques à l’encontre d’Eva Joly. Ce n’est pas le cas de l’Express qui malgré son inclinaison plus que douteuse pour la gauche, a dû laisser écrire un article à un intérimaire exubérant. Après s’être payé sa tranche de candidate aux présidentielles, l’auteur expose les deux constats suivants :

On ne va donc pas perdre de temps à défendre ici les vertus républicaines, identitaires, collectives, démocratiques du défilé du 14 juillet. On se bornera juste à rappeler deux vérités oubliées par Eva Joly.

1. C’est un symbole de cohésion nationale qui, justement, transcende les injustices sociales, produit plus de mixité ethnique et de diversité culturelle que tout le reste de l’économie du pays.

2. Si la France, qui dispose encore du deuxième réseau diplomatique mondial, a encore un rôle à jouer dans le monde, elle est tenue de conserver un appareil militaire suffisamment significatif pour pouvoir peser au stade international et défendre ses valeurs (qui sont aussi celles de nos frères européens!). Et cet appareil a besoin d’être montré pour maintenir le contact avec la souveraineté populaire, sans quoi on aurait une armée refermée sur elle-même (ce qui est toujours dangereux).

On peut imaginer une France qui devienne un jour la Belgique ou la Norvège, mais ça ne semble pas être la volonté du peuple pour le moment. Ce qu’Eva Joly a donc bafoué, c’est non seulement l’histoire, la tradition, la conscience nationale, etc. C’est aussi, et surtout, la démocratie.

Non, mais c’est cool. Parce qu’au-delà de sa prétention à partager avec nous la vérité toute nue, il m’a quand même tellement affligé que je vais pouvoir à mon tour me moquer sans honte de quelqu’un et que vous, vous aurez la chance de lire un des très attendus articles de ce blog.

On va prendre point par point : C’est une perte de temps de temps que de rappeler les « vertus républicaines, identitaires, collectives, démocratiques » d’un événement ? Je veux bien, mais justement, il semblerait que certaines personnes n’aient pas vraiment compris en quoi le 14 Juillet apporte quelque chose à la République. Par exemple, moi. D’ailleurs, on remarque la figure de rhétorique consistant à faire croire qu’on a plein de raisons de penser ce qu’on pense en disant qu’on n’a pas envie de s’y attarder. A ce niveau, j’ai juste envie de penser que le mec (Christian Makarian) n’avait pas la moindre idée de pourquoi il fallait garder un défilé du 14 Juillet mais qu’il doit aimer les hommes en uniformes. Mais je suis curieux, je lis plus loin. On arrive donc aux « vérités oubliées » qui ferait un super titre de bouquin d’heroic-fantasy ou de self-improvement.

1. C’est un symbole de cohésion nationale qui, justement, transcende les injustices sociales, produit plus de mixité ethnique et de diversité culturelle que tout le reste de l’économie du pays.

Reprenez votre souffle, on est parti pour une franche rigolade. C’est un symbole de cohésion nationale… Donc ce que tu dis, c’est qu’avoir un défilé militaire le jour de la Fête Nationale montre que tout le monde s’entend bien ? Ça pourrait pas plutôt montrer que la moitie des gens s’en contre-fout mais n’en dit rien, éventuellement parce qu’on les laisse pas parler ? Non ? Ah, bon… Ben d’accord…

Qui transcende les injustices sociales : Aaaah ! Et moi qui pensais qu’on ne tomberait jamais d’accord. Oui, le défilé du 14 Juillet transcende carrément les « injustices » (pas inégalités, hein ? injustices) sociales. C’est gratuit et en plein air, alors même si t’es pauvre, ou Noir, ou SDF, ou pété de thunes ou que t’es en baskets, tu peux toujours aller voir le défilé. C’est pas beau ce que fait l’État pour son peuple ? Il te montre ce avec quoi il va aller taper sur des gens que t’as jamais vus pour conserver tes intérêts (enfin, c’est pas vraiment les tiens, mais là tu joues sur les mots) et accessoirement ce avec quoi il te protégerait en cas d’agression, c’est-à-dire si les Chinetoques décident de nous péter la gueule, parce que de nos jours, il reste vraiment plus qu’eux à pouvoir se le permettre avec tous les amis qu’on a. Quand on y pense, la politique internationale, c’est exactement comme les racailles. Ça marche à coup de « si tu me tapes, je me ramène avec tous mes cousins et on t’explose grave ! »

On va quand même passer au clou du spectacle, produit plus de mixité ethnique et de diversité culturelle que tout le reste de l’économie du pays. Ah ouais, quand même… Alors là, mon chou, t’es en train de dire que regarder un défilé permet non seulement aux gens de se mélanger dans la société et ce quel que soit leur origine « ethnique », mais aussi à la France de profiter des différentes cultures qui la composent (pour ceux que ça ne choque pas, je trouve personnellement que les termes origine et ethnique ne vont pas ensemble et ce pour la simple et bonne raison qu’on n’est pas originaire d’une ethnie, mais d’un lieu ou même plus justement, d’un pays, d’une nation). En plus, t’es en train de dire que regarder une PUTAIN DE PARADE, fais avancer sur la voie du bisounours les pauvres âmes pour lesquelles les aides sociales, les camps de redressement, l’éducation et par dessus tout Loft Story n’ont rien pu faire ! Désolé de parler là où ça fait mal, mais la télé-réalité est à mon avis ce qui a fait le plus en terme de mixité sociale ces 10 dernières années. On se demande presque pourquoi l’État s’enquiquine à dresser des plans d’action, alors qu’il suffit de faire défiler l’armée française tous les mois pour que notre nation baigne dans le bonheur. Au passage, si tu voulais parler du fait que l’armée embauche des gens provenant de differents niveaux sociaux, je te répondrais que oui, mais ils ne sont généralement pas non plus au même niveau au sein de l’armée. La mixité sociale et la diversité culturelle grâce à l’armée, j’y croirait quand nos soldats danseront la sirtaki à côté de tanks remplis de nems.

2. Si la France, qui dispose encore du deuxième réseau diplomatique mondial, a encore un rôle à jouer dans le monde, elle est tenue de conserver un appareil militaire suffisamment significatif pour pouvoir peser au stade international et défendre ses valeurs (qui sont aussi celles de nos frères européens!). Et cet appareil a besoin d’être montré pour maintenir le contact avec la souveraineté populaire, sans quoi on aurait une armée refermée sur elle-même (ce qui est toujours dangereux).

Cher ami, vous nous démontrez ici toute l’étendue de votre cynisme et je ne saurais être plus en adéquation avec vos affirmation. En effet, il est fort probable que la diplomatie se réduise à un rapport de force et c’est ceux qui ont la plus grosse (armée) qu’on écoute. Pourtant, j’ai une question : qu’est-ce qui permet à la France d’aller défendre ses valeurs par la force dans d’autre pays ? Moi je ne me vois pas entrer chez mon voisin et l’obliger à changer la couleur de son papier peint sous la menace parce qu’à mon avis il fait vieillot. Ce serait légèrement présomptueux. Bien sûr, on ne dira pas que génocides et privations de liberté en tous genres sont des questions de goûts. Quoique… Enfin bon, c’est très très très mal formulé de parler d’aller défendre ses valeurs à l’autre bout du monde. Pour ce qui est des valeurs de nos frères européens, non seulement, c’est l’évidence même que les valeurs de notre pays sont adoptées unanimement par tous les pays d’Europe. C’est d’ailleurs prouvé par des événements récents comme  les critiques européennes de notre système de garde à vue, de notre envie d’éjecter nos Roms, ou bien les prises de position quant à la guerre en Irak. De plus, c’est pas très gentil de dire à Mme Joly : « Vous venez d’un pays d’Europe et à ce titre, vous pouvez fermer votre gueule. » Serait-ce poliment. Comme la cerise sur le gâteau, Christian nous présente la stupidité la plus grosse que j’aie pu lire sur le site d’un journal, exclus citations d’hommes politiques et commentaires d’articles : Et cet appareil a besoin d’être montré pour maintenir le contact avec la souveraineté populaire, sans quoi on aurait une armée refermée sur elle-même (ce qui est toujours dangereux). Mais LOL, quoi ! J’en perds mon latin… J’ai même failli écrire un « Et ta mère, elle a besoin d’être montrée pour pas être dangereuse ? » mais je me suis retenu. Vous pensez qu’il le croit vraiment, ce qu’il raconte ? Le mec, il voit notre armée un jour par an, du coup, il sait qu’elle prépare rien en douce. Bah sa femme doit pas avoir trop de souci à se faire. Je suis sûr qu’elle me trompe pas, je l’ai vue la semaine dernière ! Il croit vraiment qu’en voyant des gens marcher dans la rue, ça nous donne une visibilité sur le  fonctionnement interne de l’armée ? Ben non, il y a des départements spécialisés dans ça. De plus, je doute qu’on nous tienne au courant régulièrement.

On peut imaginer une France qui devienne un jour la Belgique ou la Norvège, mais ça ne semble pas être la volonté du peuple pour le moment. Ce qu’Eva Joly a donc bafoué, c’est non seulement l’histoire, la tradition, la conscience nationale, etc. C’est aussi, et surtout, la démocratie.

Hum… Parce que le peuple, on lui a demandé s’il voulait que la France devienne la Belgique, ou la Norvège, ou bien reste la France ; et les  résultats n’étaient pas trop décevants ! Moi je me souviens pas non plus qu’on nous ait demandé si on voulait toujours du défilé du 14 Juillet. Enfin, il semble que le peuple ne veuille rien y changer, donc ça suffit comme sondage, non ? Du coup, vu que les gens ne sont supposément pas contre, en étant contre sans y avoir explicitement été autorisée par un consensus, Eva Joly montre donc qu’elle n’a aucun cœur et ne partage aucune valeur de notre République qui sont par exemple, le goût des vieilles choses, comme de passer son après-midi  à regarder des militaires parce qu’ils ont encore servi il y a 60 ans et puis que bon, on s’y est habitué, à la longue . Au temps pour l’histoire et la tradition. Pour ce qui est de la conscience nationale, en quoi la proposition d’Eva Joly la bafoue-t-elle ? En quoi l’idée que les gens aimant la France défilent pour montrer leur adéquation sur les valeurs de notre pays traîne-t-elle dans la boue la notion de nation ? Il faudra qu’on m’explique… Et surtout, la démocratie. Non, mais s’il suffit d’ouvrir sa gueule pour bafouer la démocratie, j’espère pour toi que tu regardes pas les infos. Et surtout pas la rubrique politique intérieure.

Alors Eva Joly, je sais pas si je suis vraiment d’accord avec toi sur le fait de supprimer le défilé parce que Lionel Tardy a quand même dit un truc bien : « Le défilé du 14 juillet, c’est un rendez-vous immuable, qui est un élément fort de notre unité nationale car c’est le seul moment où l’on peut saluer nos armées. »
Et puis après, il a commencé à dire des bêtises comme les autres. C’est vrai que ca peut être gentil de remercier les gens qui se battent pour que nous puissions vivre notre petite vie paisible et libre. Bon, on leur a pas tous demandé quelque chose, mais n’empêche que c’est sympa de penser à nous.

En tout cas, balancer une phrase comme ça, c’était fort ! C’est comme taper le sol avec un bâton pour faire sortir les vers de terre. Et bien toi, tu fais sortir les cons. Tous ceux qui t’ont attaquée sur ta double nationalité… Et pas un seul qui était capable de donner une vraie raison (à part celle que j’ai moi-même citée précédemment). Tu as réussi en un tour de baguette magique à montrer aux yeux de tous que rares sont les gens à vouloir un défilé du 14 Juillet autrement que par principe. Mais au royaume des aveugles…

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Vers un baka-lauréat*

*baka (mot japonais) : idiot.

Ouais, j’explique mes blagues, parfois je me dis qu’il vaut mieux. Cette fois, je vais vous compiler un petit article sur le bac. Je mets un petite vidéo pour alléger l’ambiance, avant d’entrer dans le vif du sujet.

Premièrement, pourquoi le bac ne vaut-il rien ? Même avant qu’on décide de le brader cette année, le bac avait déjà perdu toute valeur. Enfin presque. Si les tentatives de l’Éducation Nationale de l’offrir en cadeau à toute personne ayant fait l’effort d’attendre trois ans assis sur une chaise n’ont pas abouti, il doit bien y avoir une raison. Et de deux choses l’une, soit les élèves sont tellement mauvais que même quand on les tient par la main ils n’arrivent toujours pas à mériter le moindre point, ou alors certaines personnes se battent encore pour que le bac soit encore à même de sanctionner un certain niveau d’exigences. Quoiqu’il en soit, est-ce vraiment bien raisonnable ? Le système français est tel que même le bac en poche, tout reste à prouver. Oui oui ! Un bac STI et hop, on va en fac de médecine…

Je ne suis pas partisan du contrôle continu, simplement par souci d’égalité, car à moins de mettre en place un « contrôle continu » qui seraient des épreuves nationales reparties sur toute l’année avec barème strict, anonymat, etc — et on imagine le coût du service — on va se retrouver avec des profs plus exigeants que d’autres et donc des notes variant d’une classe à l’autre. Et ne croyez pas que les différences de notes ne soient valables que pour la philo ! En Terminale S, j’ai pu moi-même constater qu’entre deux classes, pour un même niveau de connaissances, la différence en terme de points avoisinait les 7. Et vous serez gentils avec moi et accepterez quand je dis que 7, c’est un tiers des points. D’ailleurs, nombre d’élèves dans ma classe gravitaient autour des 3 en math toute l’année et pourtant ont eu 20 au bac. Vingt.

J’ai aussi envie de réagir à certains commentaires que j’ai lu concernant les articles de certains journaux : Le contrôle continu n’empêchera pas la triche. Si un élève est capable de tricher lors des épreuves du bac (surveillées par au moins 2 personnes), il sera tout à fait capable de tricher durant l’année. Je voudrais aussi dire que la triche n’a pas été inventée cette année et que les gens qui pensent qui racontent qu’il y a trente ans, les gens étaient honnêtes et ne trichaient pas sont probablement des personnes qui n’ont pas fait d’études. Donc concours d’entrée aux universités, aux IUT, aux BTS, etc… pourquoi pas ! Cela ferait gagner du temps à tout le monde et éviterait l’échec si courant à la première année de fac. Mais un contrôle continu serait la plus mauvaise idée jamais mise en place. On se retrouverait avec des différences de niveau selon les établissements et par cela, des inégalités encore plus grandes. La situation évoluerait comme ceci :

On laisse la possibilité aux lycées de noter et attribuer un diplôme à leurs élèves indépendamment d’un barème national. Les premières années, les universités acceptent n’importe quel élève venant de n’importe quel établissement, comme elle l’a fait jusque là. Mais au fur et à mesure, on se rend compte que les élèves provenant de certains établissements ont un meilleur niveau que ceux d’autres provenances. Dans l’enseignement superieur, on commence à se dire que par facilité, il suffit d’accepter d’office les élèves venant de ces lycées. Pourquoi pas, en effet, vu que le lycée a déjà évalué le candidat pour vous. Plus ou moins au même moment, les lycées vont commencer à pouvoir évaluer le niveau de leur « production » par rapport à celle des autres (si ce n’est déjà fait, vu qu’ils doivent avoir connaissance de ce genre de chiffres depuis longtemps). Les lycées privés vont donc jouer de ça pour attirer plus de clientèle. L’argument : « Nous sommes un bon lycée à la fin duquel vos chances d’être accepté dans l’établissement de votre choix sont très grandes » fera des ravages quand il aurait fallu comprendre : « Si jamais vous réussissez à obtenir notre diplôme, vous aurez de bonnes perspectives d’avenir ». Les lycées de secondes zone avec les profs planqués ou fraîchement moulus auront évidemment plus de difficultés à conserver un semblant de compétitivité concernant les études supérieures (non, parce concernant le travail non-qualifié, j’imagine qu’il se défendront bien).

Un niveau plus bas et quelques années plus tard, les gens commenceront à savoir que tel ou tel établissement note plus difficilement mais permet d’accéder à de meilleurs postes en définitive. D’où un choix préalable d’estime personnelle. Se sent-t-on capable de réussir dans ce lycée précis ? Les professeurs de collège nous pensent-ils capables de réussir dans ce lycée, etc… Autant dire qu’on vient de créer une incertitude de plus dans un parcours déjà semé d’embûches. On vient aussi en quelques années (je dirais 20, allez), de permettre l’émergence de lycées d’élite, d’augmenter la sélection des plus jeune, d’orienter les gens vers des établissements privés qui peuvent se permettre de choisir qui ils embauchent et tout ça aura pour unique effet d’avancer l’échec scolaire d’une année. De plus, on décale le choix de faire des études longues (ou du moins dans l’établissement qu’on veut) au collège. Qui, au collège, est capable de dire que tel ou tel enfant sera capable de réussir 1 – au lycée, 2 – à l’université/prépa/IUT/autres ? Avec des disciples différentes, un entourage différent, un programme autrement intéressant (dans le bon sens ou pas). Bienvenu à l’élitisme et aux inégalités sociales. Donc à mon avis, le contrôle continu, il vaudrait mieux qu’on ne le sorte pas de la boite de Pandore tout de suite. Il y a déjà la peste et les sauterelles en pending, là.

Donc en fait, le bac a encore cette valeur qu’il permet de savoir qui a atteint un certain niveau au niveau national. Bon, c’est un peu symbolique et le système peut être amélioré.

Deuxièmement (et mille mots plus loin), c’est quoi cette gestion de scrogneugneux ! Tiens, Luc Chatel il va falloir lui filer CE problème de maths :

Une épreuve de mathématiques est devenue invalide pour cause de tricherie. Heureusement, seul un exercice était concerné et il est donc encore possible de rattraper les dégâts sans avoir à faire repasser l’épreuve à tous les élèves, ce qui aurait engendré des coûts monstrueux. Plusieurs solutions alternatives sont émises par le conseiller du ministre de l’Éducation Nationale :

  1. Ne compter que les autres exercices de l’épreuve.
  2. Ne compter que les autres exercices de l’épreuve, puis descendre les exigences d’un point quant à la moyenne générale.
  3. Ne compter que l’exercice concerné par la tricherie, soustraire le nombre de points gagnés à un total de 20, puis faire subir le même processus à la moyenne de chaque élève. Décerner ensuite normalement les diplômes. (ceci est bien sur une question piège, mais il y a parfois aussi des ratés au ministère)
  4. Compter tout normalement et ne rien faire, en avouant que le bac ne vaut pas suffisamment pour qu’on fasse tout un plat à cause d’une centaine d’énergumènes qui l’auront eu en trichant (réponse provocatrice et mauvaise pour l’opinion publique).

En sachant que l’exercice en question était note sur 4 points, que l’ensemble de l’épreuve était notée sur 20, que l’épreuve représente environ 22% de la moyenne d’un élève de Terminale S et qu’on estime à un millier (soit 1/160) le nombre de bacheliers ayant eu accès à l’exercice, calculer la modification de la moyenne générale d’un élève et présenter clairement et de façon argumentée quelle méthode modifie le moins les moyennes.
On supposera également que tout élève ayant eu accès à l’exercice en avance l’aura parfaitement réussi.

Vous aussi, vous pouvez résoudre ce problème. Marquez votre réponse argumentée (et mathématique de préférence) en commentaire et j’exaucerai un vœu. Si vous voulez vous renseigner un peu sur les différentes solutions qui auraient été possibles, vous pouvez cliquer ici. Enfin, tout ça pour dire que notre ministre Luc Chatel (à ne pas confondre avec Philippe Chatel, que j’aurais préféré voir à ce poste) a en deux petit coup de baguette magique invalidé la notion même de notation pour cette session du baccalauréat. Enfin, je parle peut-être un peu vite. Les correcteurs et jurys restent souverains quant au choix d’appliquer ces recommandations ou non. Mais du coup, d’un jury à l’autre…

Je conclurais bien cette article en disant que de toute façon, qui irait croire ce qu’un clampin poste sur jeuxvideo.com. De plus, je suis sur qu’il n’y a rien à faire sur les forums de ce site, alors le nombre de personnes étant allés doivent pas courir les rues. De plus, ils n’ont sûrement pas de pote à qui faire partager leur découverte, alors bon…

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Philo-man (le héros misanthrope)

Les sujets de philo sont enfin tombés (comme la misère sur le bas-monde). Je n’ai pas la prétention d’en corriger le moindre (quoique) mais par contre, il semble intéressant de s’y intéresser. Et non, ceci n’est ni un pléonasme ni même, à mon avis, une redondance. Donc ce qu’on va faire, c’est regarder les sujet et puis ça prendra bien assez de place comme ça pour faire une article. Sauf que je ne peux pas décemment écrire un article sans rien y apporter de personnel. On verra.

En premier lieu, on va énumérer les sujets (je ne fais que la filière générale) :

Section S :

  1. La culture dénature-t-elle l’homme ?
  2. Peut-on avoir raison contre les faits ?
  3. Ce magnifique extrait des Pensées de Pascal :

« Chaque degré de bonne fortune qui nous élève dans le monde nous éloigne davantage de la vérité, parce qu’on appréhende plus de blesser ceux dont l’affection est plus utile et l’aversion plus dangereuse. Un prince sera la fable de toute l’Europe, et lui seul n’en saura rien. Je ne m’en étonne pas : dire la vérité est utile à celui à qui on la dit, mais désavantageux à ceux qui la disent, parce qu’ils se font haïr. Or, ceux qui vivent avec les princes aiment mieux leurs intérêts que celui du prince qu’ils servent ; et ainsi, ils n’ont garde de lui procurer un avantage en se nuisant à eux-mêmes.
Ce malheur est sans doute plus grand et plus ordinaire dans les plus grandes fortunes ; mais les moindres n’en sont pas exemptes, parce qu’il y a toujours quelque intérêt à se faire aimer des hommes. Ainsi la vie humaine n’est qu’une illusion perpétuelle ; on ne fait que s’entre-tromper et s’entre-flatter. Personne ne parle de nous en notre présence comme il en parle en notre absence. L’union qui est entre les hommes n’est fondée que sur cette mutuelle tromperie ; et peu d’amitiés subsisteraient, si chacun savait ce que son ami dit de lui lorsqu’il n’y est pas, quoiqu’il en parle alors sincèrement et sans passion.
L’homme n’est donc que déguisement, que mensonge et hypocrisie, et en soi-même et à l’égard des autres. Il ne veut donc pas qu’on lui dise la vérité. Il évite de la dire aux autres ; et toutes ces dispositions, si éloignées de la justice et de la raison, ont une racine naturelle dans son cœur. »

Déjà, pourquoi est-ce que les sujets sont tout le temps exposés sous forme de question ? Ça va pas entraîner l’esprit critique de nos chères têtes blondes, ça. Si on devait attendre qu’on nous pose une question avant de se demander si on est d’accord ou pas, on serait pas sortis de l’auberge ! Alors ils se sont dit qu’ils allaient rajouter un sujet ou un mec déblatère et puis vu que ce sera écrit en vieux français avec des tournures de phrases cheloues, le but de l’exercice sera d’expliquer ce que le vieux chnoque avait bien voulu dire du haut de l’étagère poussiéreuse sur laquelle son livre reposait sereinement les quelques éons derniers, avant qu’un prof de philo sadique ne vienne le tirer de sa torpeur sédimentaire (ouais, j’accorde chelou et j’assume).

Mais je suis tout de même bien content, parce que j’adore Pascal (plus que de raison) et je trouve que les sujets soulèvent d’intéressants questionnements. Par contre, je n’ai jamais pu m’empêcher de connaître ma conclusion avant le reste de mes dissertations (au risque parfois de devoir effectuer un revirement soudain pour cause de changement d’avis). Voici donc ma modeste réponse aux sujets énoncés plus haut (toute autre point de vue sera le bienvenu en commentaire) :

  1. La  culture dénature-t-elle l’homme ? Oui et Non (réponse idéale) : En un sens, la culture dénature l’homme parce qu’elle lui fait adopter des comportement qui ne lui sont pas naturel et ce par le biais de la loi, de la religion, ou de tout autre truc qu’il faudra fourrer dans le domaine du surmoi. D’un autre côté , n’est pas naturel pour l’homme de se former une culture ? Nos prédisposition naturelles d’espèce sont celles de l’apprentissage par mimétisme et de la communication, ce qui rend la création d’une culture possible, mais même vraisemblablement inévitable.
  2. Peut-on avoir raison contre les faits ? Oui. Un fait peut être subjectif, puisque la mémoire l’est. Un fait n’est rien de plus que l’opinion de quelqu’un sur une manifestation matérielle. Si le cas est simple et sans ambiguïté, il risque d’être difficile d’avoir raison contre les faits, mais dans les cas plus complexes, seule l’interprétation du fait compte et celui-ci perd de sa valeur argumentative, car au final, seules les causes d’un fait sont importantes et si on ne peut pas remonter aux causes de celui-ci de par sa complexité, on ne peut pas non plus l’interpréter et aucun jugement ne peut se baser sur lui.

Je ne vais pas expliquer le passage des Pensées que vous avez certainement très bien compris.

Section L :

  1. Peut-on prouver une hypothèse scientifique ?
  2. L’homme est-il condamné à se faire des illusions sur lui-même ?
  3. Extrait du Gai Savoir de Nietzsche :

« Nous disons bonnes les vertus d’un homme, non pas à cause des résultats qu’elles peuvent avoir pour lui, mais à cause des résultats qu’elles peuvent avoir pour nous et pour la société : dans l’éloge de la vertu on n’a jamais été bien « désintéressé », on n’a jamais été bien « altruiste » ! On aurait remarqué, sans cela, que les vertus (comme l’application, l’obéissance, la chasteté, la piété, la justice) sont généralement nuisibles à celui qui les possède, parce que ce sont des instincts qui règnent en lui trop violemment, trop avidement, et ne veulent à aucun prix se laisser contrebalancer raisonnablement par les autres. Quand on possède une vertu, une vraie vertu, une vertu complète (non une petite tendance à l’avoir), on est victime de cette vertu ! Et c’est précisément pourquoi le voisin en fait la louange ! On loue l’homme zélé bien que son zèle gâte sa vue, qu’il use la spontanéité et la fraîcheur de son esprit : on vante, on plaint le jeune homme qui s’est « tué à la tâche » parce qu’on pense : « Pour l’ensemble social, perdre la meilleure unité n’est encore qu’un petit sacrifice ! Il est fâcheux que ce sacrifice soit nécessaire ! Mais il serait bien plus fâcheux que l’individu pensât différemment, qu’il attachât plus d’importance à se conserver et à se développer qu’à travailler au service de tous ! » On ne plaint donc pas ce jeune homme à cause de lui-même, mais parce que sa mort a fait perdre à la société un instrument soumis, sans égards pour lui-même, bref un « brave homme », comme on dit. »

Ce à quoi je répondrais volontiers :

  1. Peut-on prouver une hypothèse scientifique ? On peut prouver tout ce qu’on veut jusqu’à ce qu’on arrive à un axiome qui est, par définition non-prouvable. Donc au final, on ne peut rien prouver du tout (ça tombe bien, c’est au programme de philo de Terminale… Du moins, ça y était quand j’y étais).
  2. L’homme est-il condamné à se faire des illusions sur lui-même ? Nous sommes des êtres subjectifs et nous nous jugeons constamment. Certains en bien — en rejetant la faute sur les autres, certains en mal — en culpabilisant à outrance. L’objectivité totale est très difficile, sinon impossible. Donc l’homme est certainement condamné à se faire des illusions sur lui-même. Mais est-ce bien une condamnation et pas plutôt une chance ? Un jour, une de mes prof nous a dit ceci : « Il n’est rien de plus dur que de devoir renoncer à ses rêves. »  Je n’ai même pas envie d’imaginer subir une désillusion de la sorte. Donc oui, pour moi, se faire des illusions sur soi-même est une chance, quand bien même on croit vouloir connaître la vérité. Enfin, moi je dis ça, mais si vous avez une estime de vous bien pourrie comme il faut, la vérité peut vous faire du bien. Trop cool, je viens de modérer mon propos en accord avec les consignes du plan dialectique (quel talent!).

A ce point de mon article, je tiens à préciser que je n’y connais rien et que je ne réponds certainement à aucune exigence d’une rédaction de philo. Donc si tu es lycéen et que tu as passé 4 heures à raconter plein de trucs qui n’ont rien à voir, voire pire (!), le contraire de ce que je dis, ne t’en fais pas. Dans le cas contraire, tu peux t’estimer heureux : au moins une autre personne est d’accord avec toi, ce qui, d’après Sénèque, n’a aucune importance. Hé ! C’est drôle, Sénèque est l’auteur du texte à commenter pour les ES. Ce que je suis fort pour les transitions, moi.

Section ES :

  1. La liberté est-elle menacée par l’égalité ?
  2. L’art est-il moins nécessaire que la science ?
  3. Sénèque, Les Bienfaits (pour ta gueule) :

« Si c’est l’intérêt et un vil calcul qui me rendent généreux, si je ne suis jamais serviable que pour obtenir en échange un service, je ne ferai pas de bien à celui qui part pour des pays situés sous d’autres cieux, éloignés du mien, qui s’absente pour toujours ; je ne donnerai pas à celui dont la santé est compromise au point qu’il ne lui reste aucun espoir de guérison ; je ne donnerai pas, si moi-même je sens décliner mes forces, car je n’ai plus le temps de rentrer dans mes avances. Et pourtant (ceci pour te prouver que la bienfaisance est une pratique désirable en soi) l’étranger qui tout à l’heure s’en est venu atterrir dans notre port et qui doit tout de suite repartir reçoit notre assistance ; à l’inconnu qui a fait naufrage nous donnons, pour qu’il soit rapatrié, un navire tout équipé. Il part, connaissant à peine l’auteur de son salut ; comme il ne doit jamais plus revenir à portée de nos regards il transfère sa dette aux dieux mêmes et il leur demande dans sa prière de reconnaître à sa place notre bienfait ; en attendant nous trouvons du charme au sentiment d’avoir fait un peu de bien dont nous ne recueillerons pas le fruit. Et lorsque nous sommes arrivés au terme de la vie, que nous réglons nos dispositions testamentaires, n’est-il pas vrai que nous répartissons des bienfaits dont il ne nous reviendra aucun profit ? Combien d’heures l’on y passe ! Que de temps on discute, seul avec soi-même, pour savoir combien donner et à qui ! Qu’importe, en vérité, de savoir à qui l’on veut donner puisqu’il ne nous en reviendra rien en aucun cas ? Pourtant, jamais nous ne donnons plus méticuleusement ; jamais nos choix ne sont soumis à un contrôle plus rigoureux qu’à l’heure où, l’intérêt n’existant plus, seule l’idée du bien se dresse devant notre regard. »

  1. La liberté est-elle menacée par l’égalité ? Euh… C’est un peu ce que j’ai toujours dit. Les gens ne sont pas pareils, alors les forcer à être égaux, en plus d’être du foutage de gueule, passe par le fait de restreindre les libertés de chacun. De toute façon, choisir entre la liberté et l’égalité, c’est un peu comme entre la peste et le choléra…
  2. L’art est-il moins nécessaire que la science ?  S’il n’avait tenu qu’à moi, je vous aurais dit que l’art se définissait justement par son absence de nécessité. D’ailleurs, l’idée m’est peut-être venue en lisant ce mec complétement inconnu qui a dit :

« We can forgive a man for making a useful thing as long as he does not admire it. The only excuse for making a useless thing is that one admires it intensely. All art is quite useless. » Oscar Wilde

Mais on m’a justement exposé que l’art avait une utilité. Sociale, psychologique, culturel… Une utilité humaine pour le bien-être de celui qui l’apprécie (ou pour une torture caractérisée de celui qui ne l’apprécie pas). A mon avis, c’est une autre définition ou une autre forme de nécessité. Mais il est important d’exploiter tous les différents sens d’un mot, en philo. D’ailleurs, ça s’apparente souvent à jouer sur les mots, mais bon, il faut laisser les grands s’amuser aussi. En fait, je pense qu’on peut relativiser le propos en disant que de toute façon, rien n’est utile, et donc encore moins nécessaire.

Arrivé à ce point du texte, je me demande soudainement… si j’aurais eu une bonne note au bac de philo de cette année. Certainement pas. J’ai en général trop la flemme pour expliquer les choses en détail. Cet article ou je survole les sujets en est bien la preuve. De plus, il est extrêmement mal vu de contredire un auteur. Et avec Sénèque qui oscille constamment à la limite de la débilité, c’est pas toujours facile de se retenir. Il est bizarre Sénèque, il raconte plein de trucs très bien puis soudainement, il lâche une grosse bêtise. Pour ceux qui ont jamais regardé une courbe de condensateur sur un oscilloscope,  ça représente assez bien comment évolue mon estime de Sénèque au cours de ma lecture. Sur ces bonnes paroles qui montrent sans ambiguïté ma considérations pour les élèves de cette année, je vous laisse vaquer à vos occupations diverses et dis, selon la formule consacrée, merde à tous les bacheliers pour leurs prochaines épreuves.

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Comment manger les burgers ?

Il est des disciplines dans lesquelles on s’épanouit et d’autres auxquelles on préfère ne pas être confrontés. Dans cette première catégorie, il est un art sur lequel j’ai vivement été enjoint de m’épancher, notamment au vu du talent dont je faisais preuve et de l’égoïsme que ne manquerait pas de transparaître du non-partage de ma science. Cette science méconnue, expérimentale et pour l’instant dénigrée par la plus haute autorité en la matière concerne — je romps le suspens — la façon d’ingérer un ou plusieurs hamburgers de manière optimale.

J’essaierai d’être clair et concis mais dans le doute je vous conseille d’ores et déjà de prendre des notes afin de ne pas vous trouver dépourvu quand le défi sera venu.

I. Le burger

Tant de questions qui se bousculent : Quel type de burger pourrais-je manger grâce à tes conseils éclairés ? (entendre : Viande ? Végétarien ? Poisson ? Combien d’étages ? Avec ou sans tranche de pain séparatrice ?)

Tous. Les grands, les petits, les artisanaux, les fait main, les professionnels, les surgelés (mais chauds, hein!).

II. La technique – Idées reçues et sacrilèges

Alors, première règle, mécréant : utiliser des couverts est proscrit et du plus mauvais goût ! (à part cas extrême, reconnu  uniquement quand la viande seule pèse plus de 453g ou que la non-utilisation d’ustensiles est susceptible d’entraîner un préjudice moral pour soi ou autrui, mais là, c’est à vous de le prouver).

La raison en est simple. Nous parlons évidemment du burger en tant que sandwich et un sandwich est supposé être la superposition de plusieurs éléments qu’on aura voulu mettre  au contact les uns des autres dans l’espoir qu’ils révèlent dans leur symbiose un potentiel supérieur à celui des seuls éléments pris séparément. Ce constat basé sur l’aberration mathématique que le tout est forcément supérieur à la somme des parties servira de point de référence.

Pour mieux comprendre, je vous invite à considérer l’exemple suivant : Un livre est un tout, formé de mots, phrases, figures de style, champs lexicaux, champs sémantiques et j’en passe ! (parce que c’est bien beau de balancer des mots compliqués au petit bonheur la chance, mais s’il y en a trop, ça devient flagrant). Pourtant, la beauté d’une œuvre ne réside pas dans son aspect technique. Ceux qui n’en étaient pas convaincus, on les a parqués dans une institution spécialisée.

Ainsi, il est tout aussi déplacé de vouloir disséquer un pauvre burgers innocent. de le couper en morceau, ce qui, nous le verront très bientôt, réduit le potentiel de cohésion de celui-ci et par cela même endommage l’expérience gustative du quidam inconscient. Voici donc quelques conseils pour manger votre burger à la main (ce qui est un euphémisme, vu qu’il vous faudra dans la plupart des cas deux mains pour arriver à maîtriser les composantes désolidarisées de la pile d’aliments) :

  • Lavez-vous les mains
  • Préparez de l’essuie-tout
  • Tenez le burger du bout des doigts et tant que possible par la partie panesque.

Puis les conseils pour les burgers de haut-niveau :

  • Si le burger est très large, il aura éventuellement tendance à s’affaisser sur les bords. Dans ce cas en supposant que vos pouces sont en contact avec la partie haute du burger, écartez votre annulaire et votre majeur afin de créer une surface de soutien plus étendue.
  • Mangez en priorité les morceaux qui dépassent du pain. S’il le faut, tournez votre burger pour le ronger selon tous les angles, puis entreprenez de l’attaquer plus en profondeur.
  • Vous aurez probablement à incliner votre burger. Pour cela, il est important de bien placer ses mains de part et d’autre du burger. Cela évite que la graisse coule directement dessus.
  • Dans le cas ou le burger est très gras ou bien contient beaucoup (trop) de légumes, le pain de la partie inférieure de celui-ci risque d’être très mou. N’hésitez pas à retourner votre sandwich afin de lui donner une base plus solide.

III. Le piège

On pourrait croire que les pièges sont absent de ce plat à l’honnêteté déconcertante, mais ce n’est pas le cas. Par exemple, les tomates, les fameuses tomates dont tout le monde estime qu’elles sont indispensables à un burger réussi. Elles rendent bien plus difficile le fait de manger le sandwich. Étant à la fois humides et dures, elles imbibent le pain, le rendant bien moins résistant tout en empêchant d’appliquer avec effet les pressions stratégiques décrites dans le II. Sans compter que l’adhérence des différentes couches devient quasi-inexistante.

Avec ce petit guide pratique, j’espère que vous vous sentirez plus en confiance au moment où vous vous lancerez dans votre prochaine expérience gustative et que le plaisir que vous en retirerez n’en sera qu’amplifié.

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สวัสดีครับ

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Calcul du discriminant

C’est qu’il y en a qui sont inquiétants… Pourtant, c’était dans Le Monde. Je n’ose même pas imaginer si j’avais lu le Figaro.
Attention, manant ! On va suivre une logique tronquée histoire de lier des problèmes qui n’ont rien à voir. Moi je suis sympa, je vous préviens à l’avance.

  • L’accès aux Grandes Écoles est un processus inégalitaire, vu que les gens en prépa sont plus souvent riches que pauvres.
  • Les sciences et l’anglais sont des épreuves très déterminantes dans l’obtention d’une place.
  • Donc il faut réduire l’importance de ces épreuves pour réduire les inégalités.

Quand c’est moi qui le dis, ça a presque l’air logique en fait. Et aucun doute que ça marcherait. N’empêche que ce serait complétement con. En gros, l’auteur (qui ne donne pas son nom) se demande s’il ne faudrait pas baser les concours d’entrée aux Grandes Écoles sur d’autres critères, histoire de les rendre plus égalitaires. Pourquoi pas, ouais, c’est vrai… Et puis on peut aussi laisser entrer n’importe qui, quoi. Ce serait méga-égalitaire, quand même. La grosse classe !

Et eux de dire que l’épreuve de culture générale ne présentait pas de différence majeure entre boursiers et non-boursiers… Étonnant, au vu des 15 ans que tous les élèves ont passés en cours de français, d’histoire et j’en passe.

Le problème, c’est que justement, les concours sont la plus haute forme de l’égalité. Tout élève n’est sélectionné que sur ses seuls résultats. Aucune origine sociale, aucun nom, cursus ou autre n’est considéré.
Les origines sociales sont certainement une cause des résultats differents aux concours, mais ce n’est pas en s’attaquant aux conséquences et en instaurant une égalité fictive qu’on résoudra le problème. Le but d’un concours est de faire une sélection, pas d’être obtenu de façon agréablement répartie.

Pourquoi le bac ne vaut-il rien ? Parce que tout le monde l’a. Pour juger correctement, il faut bien se baser sur des critères discriminants (dans le sens « qui permet de séparer », pas dans le sens « qui est fan d’inégalité »). Le but n’est pas non plus  de se conformer à la population. Je me répète, mais un concours n’est pas fait pour que tout le monde l’ait. Et puis, une Grande École attends qu’un élève réponde à certains critères et si les pauvres y répondent moins souvent, ce n’est certainement pas la faute du critère.

Pourquoi est-ce que personne ne se soucie des inégalités dans les IUT d’informatique, dans les écoles d’infirmières ou encore dans les CAP menuiserie ou dans les facs de lettre ? Pourtant, ce sont autant de structures accueillant des nombre très déséquilibrés d’hommes et de femmes. Faudrait-il mettre des cours de mécanique en fac de langue pour que plus d’hommes y aillent ?

Bon, de toute facon, ca ne sert à rien de s’étendre sur le sujet. L’auteur nous livre la preuve qu’il/elle ne connaît rien au sujet dont il/elle traite quand il/elle dit ça :

« Difficile […] de ne pas considérer qu’il faut plus que l’école pour devenir bon en anglais et que seuls les plus favorisés peuvent s’offrir séjours linguistiques et autres. »

« Le recours massif et croissant des étudiants de milieux aisés aux cours particuliers, notamment en mathématiques. »

Non, mais là, tu jettes un gros torchon crade au milieu des serviettes ! Alors du coup, c’est pas juste parce que quand t’es riche et que tu peux te permettre d’améliorer tes connaissances, c’est injuste pour les autres. Donc il suffit de faire des épreuves pour lesquelles il n’existe aucun moyen d’apprendre quoique ce soit en dehors des cours… Ou alors il faut que ce savoir ne coûte rien. Ah, j’ai trouvé ! On va faire une épreuve sur les émissions télé.

Non, une vraie solution serait de dispenser des cours particuliers gratuits payés par l’État. Oups. J’ai écrit un groupe de mots interdit. Et non, ce n’est ni « vraie solution » ni « cours particuliers ». Surtout, ce qui montre que l’auteur n’y connaît rien est qu’il faut vraiment ne jamais avoir connu quelqu’un qui y était pour pouvoir penser que les élèves de prépa ont le temps de suivre des cours particuliers ou de partir en séjour linguistique !

Le mieux, je pense, c’est de prendre les enfants à leurs parents à la naissance et de tous les faire vivre en internat jusqu’à ce qu’il trouvent un boulot. Comme ça, plus de disparités ! Ou en tout cas, cela ferait disparaître les  parents diaboliques qui paient des voyages à leurs gosses et qui prennent sur eux de leur apprendre des trucs.

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