L’anti-tabagisme

Une première pour inaugurer, espérons-le, une série de pensées sorties comme ça d’on ne sait où. Parce qu’on n’a pas toujours des argumentaires épanouis et construits et aussi, parce que certaines pensées ne sont liées à rien qu’à elles-mêmes et ne justifient donc en rien un long papier.

Courtement, je me demandais pourquoi on pouvait constater une telle haine contre les fumeurs. Déjà, les restrictions des espaces fumeurs (tout à fait justifiée à mon sens), mais aussi la création de zones entières (campus) dans lesquels il est interdit d’embraser la moindre poussière de brindille en tube.

Cela est connu par les services de sécurité comme source de danger importante. Et oui, un fumeur en manque a de grands risques de fumer, autorisé ou pas. L’interdiction portée à une zone est donc dangereuse en ce que l’interdiction est totale pour quelqu’un dans l’incapacité de quitter les locaux concernés (patient d’un hôpital, par exemple). Ce à quoi on me répond souvent que ces gens n’ont « qu’à pas fumer » ou que « ils savaient bien que c’était une connerie de fumer, ils avaient qu’à pas commencer. »
Ceci n’apporte évidemment rien au problème, en plus d’être une erreur de logique primaire, en ce que :
– soit on montre l’ignorance qu’on a pour ce qu’est une addiction et ce que c’est d’être dépendant.
– soit on nie les principes de la relativité d’Einstein en conseillant aux gens pour aller mieux, de ne pas commettre les erreurs qu’ils ont commises il y a des années.

Bref. Fumer n’est pas autant un choix qu’un besoin dans la vie d’un fumeur. Je ne comprends pas ce qui justifie de stigmatiser les gens qui succombent à un pêché tout à fait légal et qui font eux aussi partie de la société.

Une chose intéressante qu’on m’a dite était : « Les fumeurs nuisent à ma santé quand ils fument sans égards à côté de moi. »
C’est vrai et c’est une attitude tout à fait détestable de ne pas prendre les autres en considération.
Néanmoins, me vient l’image des dizaines de millions de gens qui ne fument pas mais prennent leurs voitures et qui nuisent bien plus à ma santé qu’un quelconque fumeur peu respectueux.

Ceux-ci ne sont pas stigmatisés et on ne leur interdit pas de rouler devant ma porte d’entrée . Eux aussi polluent mon air, et ceci même s’ils ne sont pas proches de moi. Pourtant, en tant qu’ex fumeur, je trouve que prendre sa voiture relève bien plus d’un choix de confort que la cigarette. Il n’y a pas d’addiction à la voiture. Il n’y a que la facilité. À moins qu’on vive dans un lieu reculé dans lequel son usage est indispensable. La plupart du temps, la voiture est un produit de luxe néfaste pour tous et dont on pourrait se passer. De plus, la consommation d’essence génère des guerres, donc des meurtres.

J’avais dit courtement. Je n’aime pas la cigarette et ses effets. Mais j’aime encore moins le mépris, surtout celui autorisé, voire encouragé par la bien-pensance sanitaire.

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A propos Pseudo Moi-Même

Jeune homme bien sous tous les rapports, Mesdemoiselles n'hésitez pas...
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2 commentaires pour L’anti-tabagisme

  1. Kerd dit :

    Salut, Pseudo Toi-Même. Ça faisait longtemps.
    Pourquoi ? Deux mots: santé publique, comme tu en conviens.
    Ce n’est pas parce qu’il existe d’autre sources de pollution que la cigarette en devient moins néfaste. Plaide pour l’interdiction des voitures, plutôt que pour la légalisation de tout ce qui est cancérigène sous prétexte qu’on a pas encore tout interdit et que ce n’est pas égalitaire.
    Le mépris, c’est une autre histoire. C’est peut-être la manifestation même de l’identité française, qui sait 😀

    • Et oui, ça faisait longtemps, Kerd !
      Désolé si j’ai pu paraître nier la dangerosité de la cigarette. Ce n’était pas mon intention.
      Seulement, je suis choqué de l’attitude que beaucoup de gens ont envers les fumeurs. Je suis pour l’interdiction de fumer dans les lieux publics fermés, pour la prévention anti-tabac, etc… Cependant, il me semble que les fumeurs sont méprisés, alors que l’acte de fumer est parfaitement légal et qu’ils paient leur part de santé publique à coup de taxes sur chaque paquet.

      C’est vraiment ce mépris basé sur l’ignorance de ce que peut être une dépendance qui me choque. Comme tous les malades, il faudrait essayer d’aider les fumeurs à s’en sortir plutôt que de créer des zones de quarantaines à gogo et de les considérer comme des débiles.

      Pour pousser plus loin l’analogie médicale, il fût un temps où on méprisait les malades atteints du SIDA. On leur disait qu’il suffisait de ne pas être homosexuel, ou de s’abstenir de rapport sexuels, ou de se protéger. Même s’il reste vrai que s’ils n’avaient jamais eu de rapport sexuel ils n’auraient pas été contaminés, cela reste bancal comme justification d’une envie de ne pas aider la personne qui est, au moment présent, malade et dans le besoin (bien qu’elle soit porteuse d’un virus pathogène, et donc « dangereuse » pour son entourage).
      Cela a évolué en même temps qu’on a commencé à respecter les homosexuels ou le fait d’avoir des relations sexuelles. On a compris que parfois, on pouvait commettre des erreurs, poussés par le désir. Et cette compréhension à fait le reste.
      Il nous reste encore à comprendre la dépendance des fumeurs, ou du moins, à la tolérer. Peut-être que le reste viendra de lui-même.

      J’espère que j’ai pu éclairer mon propos 🙂

      Et oui, le vrai ennemi est la voiture. Surtout depuis que je n’en ai plus ^^

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