Comment manger les burgers ?

Il est des disciplines dans lesquelles on s’épanouit et d’autres auxquelles on préfère ne pas être confrontés. Dans cette première catégorie, il est un art sur lequel j’ai vivement été enjoint de m’épancher, notamment au vu du talent dont je faisais preuve et de l’égoïsme que ne manquerait pas de transparaître du non-partage de ma science. Cette science méconnue, expérimentale et pour l’instant dénigrée par la plus haute autorité en la matière concerne — je romps le suspens — la façon d’ingérer un ou plusieurs hamburgers de manière optimale.

J’essaierai d’être clair et concis mais dans le doute je vous conseille d’ores et déjà de prendre des notes afin de ne pas vous trouver dépourvu quand le défi sera venu.

I. Le burger

Tant de questions qui se bousculent : Quel type de burger pourrais-je manger grâce à tes conseils éclairés ? (entendre : Viande ? Végétarien ? Poisson ? Combien d’étages ? Avec ou sans tranche de pain séparatrice ?)

Tous. Les grands, les petits, les artisanaux, les fait main, les professionnels, les surgelés (mais chauds, hein!).

II. La technique – Idées reçues et sacrilèges

Alors, première règle, mécréant : utiliser des couverts est proscrit et du plus mauvais goût ! (à part cas extrême, reconnu  uniquement quand la viande seule pèse plus de 453g ou que la non-utilisation d’ustensiles est susceptible d’entraîner un préjudice moral pour soi ou autrui, mais là, c’est à vous de le prouver).

La raison en est simple. Nous parlons évidemment du burger en tant que sandwich et un sandwich est supposé être la superposition de plusieurs éléments qu’on aura voulu mettre  au contact les uns des autres dans l’espoir qu’ils révèlent dans leur symbiose un potentiel supérieur à celui des seuls éléments pris séparément. Ce constat basé sur l’aberration mathématique que le tout est forcément supérieur à la somme des parties servira de point de référence.

Pour mieux comprendre, je vous invite à considérer l’exemple suivant : Un livre est un tout, formé de mots, phrases, figures de style, champs lexicaux, champs sémantiques et j’en passe ! (parce que c’est bien beau de balancer des mots compliqués au petit bonheur la chance, mais s’il y en a trop, ça devient flagrant). Pourtant, la beauté d’une œuvre ne réside pas dans son aspect technique. Ceux qui n’en étaient pas convaincus, on les a parqués dans une institution spécialisée.

Ainsi, il est tout aussi déplacé de vouloir disséquer un pauvre burgers innocent. de le couper en morceau, ce qui, nous le verront très bientôt, réduit le potentiel de cohésion de celui-ci et par cela même endommage l’expérience gustative du quidam inconscient. Voici donc quelques conseils pour manger votre burger à la main (ce qui est un euphémisme, vu qu’il vous faudra dans la plupart des cas deux mains pour arriver à maîtriser les composantes désolidarisées de la pile d’aliments) :

  • Lavez-vous les mains
  • Préparez de l’essuie-tout
  • Tenez le burger du bout des doigts et tant que possible par la partie panesque.

Puis les conseils pour les burgers de haut-niveau :

  • Si le burger est très large, il aura éventuellement tendance à s’affaisser sur les bords. Dans ce cas en supposant que vos pouces sont en contact avec la partie haute du burger, écartez votre annulaire et votre majeur afin de créer une surface de soutien plus étendue.
  • Mangez en priorité les morceaux qui dépassent du pain. S’il le faut, tournez votre burger pour le ronger selon tous les angles, puis entreprenez de l’attaquer plus en profondeur.
  • Vous aurez probablement à incliner votre burger. Pour cela, il est important de bien placer ses mains de part et d’autre du burger. Cela évite que la graisse coule directement dessus.
  • Dans le cas ou le burger est très gras ou bien contient beaucoup (trop) de légumes, le pain de la partie inférieure de celui-ci risque d’être très mou. N’hésitez pas à retourner votre sandwich afin de lui donner une base plus solide.

III. Le piège

On pourrait croire que les pièges sont absent de ce plat à l’honnêteté déconcertante, mais ce n’est pas le cas. Par exemple, les tomates, les fameuses tomates dont tout le monde estime qu’elles sont indispensables à un burger réussi. Elles rendent bien plus difficile le fait de manger le sandwich. Étant à la fois humides et dures, elles imbibent le pain, le rendant bien moins résistant tout en empêchant d’appliquer avec effet les pressions stratégiques décrites dans le II. Sans compter que l’adhérence des différentes couches devient quasi-inexistante.

Avec ce petit guide pratique, j’espère que vous vous sentirez plus en confiance au moment où vous vous lancerez dans votre prochaine expérience gustative et que le plaisir que vous en retirerez n’en sera qu’amplifié.

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A propos Pseudo Moi-Même

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3 commentaires pour Comment manger les burgers ?

  1. raph85 dit :

    Tu parles même pas de la chose essentielle à la tenue du burger: le cure-dent 😦
    A moins que tu le considères comme un ustensile proscrit!

  2. Anonyme dit :

    c’est le cheeburger cheeburger, tu m’en envoie un bout, même si un burger du fuve guys aurait été mieux !!!

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