Quand Lars von Trier fait mal au bobo

Bonjour !

Comme vous le savez, il y a des jours avec, des jours sans et des jours où des milliers de personnes s’improvisent défenseur des droits de l’homme. Et j’ai même pas envie de mettre une majuscule à « droit » tellement je suis blasé.

Donc, pour ceux qui ne suivaient pas l’affaire — ce qui n’est le cas de personne, assurément — Lars von Trier, le réalisateur punch, choc, un peu olé-olé parfois qui a déjà défrayé la chronique avec Antichrist a tenu des propos extrêmement choquants lors d’une conférence de presse. D’ailleurs, j’ai vu cette vidéo et j’ai vraiment trouve ça intolérable. C’est vrai quoi ! On avait dit pas de second degré !

En gros, Lars a osé dire qu’il « [sympathisait] un peu avec Hitler » parce qu’il « [pouvait] l’imaginer à la fin dans son bunker » et qu’il pouvait comprendre. Ce à quoi Cannes (et un certain nombre d’internautes)  a répondu que quiconque sympathisait avec Hitler était nazi. Bon, il faut dire à leur décharge que M. von Trier les a un peu aidés en s’exprimant en ces termes : « Je suis un nazi ». Lars s’est ainsi rendu compte qu’augmenter l’énormité de ce qu’on raconte ne génère pas spontanément un sens de l’humour au sein d’un public coincé. Cela dit, bien essayé. J’aurais fait la même.

J’aime beaucoup mon dernier lien, surtout pour cette remarque : « Si cela avait été l’Amérique et pas Cannes, [ses propos] auraient signifié la fin de sa carrière. »
C’est toujours drôle de voir à quel point les Américains considèrent les nazis comme le mal absolu, alors que le KKK, c’est juste des Américains avec leur liberté d’expression. Mais passons.

Lars von Trier et Kirsten Dunst pendant l'interview

Donc notre nounours drôle aux idées mornes s’est un peu trompé de public. Il a cru qu’il allait pouvoir en appeler à l’intellect de ses hôtes, mais tel ne fut pas le cas. Je salue au passage la performance d’actrice de Kirsten Dunst (que j’aime secrètement) qui montre non seulement qu’elle a de l’humour et un certain sens de l’auto-dérision, mais aussi qu’elle sait se transformer en public de sitcom, riant aux remarques de moins en moins drôles d’un Lars von Trier de plus en plus emmêlé dans sa rhétorique, histoire de bien faire comprendre à tous qu’il ne faut pas le prendre au sérieux. Tonton a trop bu, mais c’est pas grave, il va bientôt rouler sous la table et on n’en parlera plus.

Et ben si, on en parle encore ! Et je me demande de quoi on parle… Qu’est-ce qui dérange dans ses déclarations ? Sûrement pas le fait d’avoir fait une mauvaise blague parce que des mauvaises blagues au festival de Cannes, il y en a eu des pires. Oui oui, c’est bien le fait d’avoir parlé des nazis et de ne pas  avoir dit qu’ils étaient méchants, pas beaux, bêtes, malhonnêtes et que vous maudissiez leur familles sur trente générations. Non, parce qu’entre pete-culs gens de bonne compagnie, il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas !

Le pauvre a même dû  aller jusqu’à s’excuser publiquement d’avoir fait une mauvaise blague. Mais on est où ? A l’école primaire ? Et malgré ça, Cannes décide de couper les ponts et il perd  le sponsor de la partie allemande d’Arte. Ouf ! Il n’y a pas que les Français qui sont cons.

Je trouve que ce comportement est vraiment proche de l’homophobie. Des gens, parce qu’ils doutent de leur réelle antipathie à l’égard du régime nazi, détruisent le premier à montrer des signes de non-totalitarisme hippie histoire de se redorer un blason vite fait bien fait.

« Eh salut, je suis pas nazi, vous voyez, je TAPE un nazi ! »

D’ailleurs, petit cours d’étymologie : sympathiser a pour racine grecque pathos (la douleur). Le préfixe sym– signifie même. Ah, ben voilà ! Nos linguistes de Cannassons (je ne sais pas comment appeler la direction du festival autrement) ont certainement pris les affirmations du réalisateur dans leur sens le plus pur, c’est-à-dire qu’il ressentait la même peine qu’Hitler. Ce qui revient à dire qu’il était triste et anéanti à l’idée de ne pas avoir pu mener à terme l’extermination de cette vermine rampante qu’étaient les Juifs et autres aberrations de la nature comme les homosexuels, les handicapés ou les tziganes… Si LVT avait dit ressentir de l’empathie pour Hitler, tout aurait indubitablement été bien différent, non ? Mais c’est en effet inacceptable de confondre sympathie et empathie, je le reconnais. C’est toute la différence entre comprendre et accepter.

Bien fait pour sa gueule, cet illettré.

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A propos Pseudo Moi-Même

Jeune homme bien sous tous les rapports, Mesdemoiselles n'hésitez pas...
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8 commentaires pour Quand Lars von Trier fait mal au bobo

  1. Ravier dit :

    Arrete de manger des legumes !

  2. Kerido dit :

    Ouais, c’est le même combat que l’homophobie ou le racisme; il faut créer un comité de défense de l’Humour de Merde (comité H&M). Je propose humblement d’en être le président.

  3. Pseudo-Emo dit :

    De l’humour de merde, je dirais plutot que c’est un rail de coke de trop qui est a l’origine des propos de notre cher Lars. Enfin tout ca pour dire que ce derapage stupide ne merite franchement pas toute l’attention qu’on lui accorde.
    Apres, de la a reprocher aux Allemands leur manque d’humour sur la question, faut peut-etre quand meme pas exagerer…

    • Je ne reproche à personne leur manque d’humour. Tout le monde a le droit (et est même encouragé) de ne pas trouver ça drôle. Seulement, si tu sais que c’était une blague malencontreuse, c’est stupide d’en sanctionner l’auteur comme s’il avait énoncé ici son opinion.
      Ensuite, si t’es Allemand, t’as peut-être moins envie de rigoler à ce sujet. Mais ça ne devrait pas t’empêcher de remettre un discours dans son contexte.

  4. Tartine dit :

    Au fait je ne sais pas si c’est obligatoire mais tu ne devrais pas citer tes images par hasard ?
    Je sais aucun rapport avec le sujet.

Les commentaires sont fermés.