Débattons dans les rues…

Si j’étais une voiture, je me tirerais une balle.

Le Monde (ma principale source d’information en matière de dernières catastrophes) nous apprend que « Le débat sur l’islam a déjà eu lieu au sein de l’UMP »… Et déjà, j’ai envie de m’attarder sur ce superbe choix de termes. Vous, lecteurs, personnellement, êtes-vous pour ou contre l’islam ? Que faire de l’islam dans notre État ? Mais le but de cet article n’étant pas de casser du pigiste, je ne m’attarderai pas. mais donc, on parle de débat sur la laïcité, sinon, ce n’est pas respectueux. J’aurais bien aimé voir la tête du premier qui aurait osé parler de débat sur les étrangers plutôt que d’identité nationale…

J’ai pas envie de me prendre la tête avec ça. De toute façon, comme la plupart des débats, il n’aurait pas lieu d’être si les gens daignaient dire ce qu’ils pensent au lieu d’enrober ça dans une bonne couche de légitimité nappée de bon sentiment. Nos chers hommes et femmes politiques tirent constamment à eux la couverture de la définition parce qu’il n’y a pas un seul péqé au monde qui a été capable de leur filer un Larousse.

Je vais sur http://www.larousse.fr, je me perds trois fois, puis j’arrive enfin à obtenir une définition de laïcité :

Conception et organisation de la société fondée sur la séparation de l’Église et de l’État et qui exclut les Églises de l’exercice de tout pouvoir politique ou administratif, et, en particulier, de l’organisation de l’enseignement. (Le principe de la laïcité de l’État est posé par l’article 2 de la Constitution française de 1958.)

C’est pourtant clair, comme définition… De plus, je me refuse à penser nos politiques trop bêtes pour comprendre. Il ne reste donc qu’une solution (que nous savions tous être la bonne dès le début) : la mauvaise foi. Sous couvert du respect de concept de la République, des Droits de l’Homme et tout ça, on fait passer les idées qui nous arrangent. Je propose me propose de décoder pour vous les pensées intimes de nos subtils orateurs.

Marine LePen :

«Vous nous expliquez que, pour résoudre une violation très grave de la laïcité, il faudrait très gravement violer la laïcité en finançant publiquement des mosquées !»

«Ceux qui n’ont pas de place dans la mosquée n’ont qu’à prier chez eux»

Elle était alors interrogée au sujet des prières de rue. Ma traduction : « Je n’aime pas les musulmans, chacun d’entre eux me répugne et j’en ai peur parce qu’ils sont tous arabes ou noirs et que les Arabes et les Noirs sont tous des délinquants. » Même si la garante des droits des Français en France fait son petit effet du fait que la plupart des gens ont la flemme d’évaluer l’intelligence de certains propos du moment qu’ils sont dits avec le sourire (et je les comprends), elle est quand même en train de nous dire texto : « Une religion n’a le droit d’avoir des lieux de culte en France que si elle était pratiquée en France avant l’invention de la laïcité ! » Et de rajouter « nananère ». La seconde phrase se résume en : « Divide et impera ». Ca veut dire diviser pour régner pour les incultes (c’est-à-dire ceux qui ne sont pas allé trouver ça sur wikipedia comme moi).

Eric Besson :

«Les étrangers qui vivent en France et ceux qui accèdent à la nationalité française ont des droits et doivent accepter des devoirs.»

Traduction : « J’essaie de montrer qu’on s’occupe de la sécurité et de récupérer quelques voix de l’extrême droit en leur montrant qu’on est tous un peu pareil dans notre racisme. »

Eva Joly a dit :

« Tout cela, ce sont des discours de récupération politique. C’est faire plaisir aux racistes qui se manifestent dans beaucoup de pays européens. »

Ce qui est à peu près ce que je pense. Mais bon, je pense que pour l’opinion publique, ce n’est pas assez de dire que le débat n’a pas lieu d’être. Ça donne l’impression qu’on a peur de se prononcer sur le sujet et si on a peur, ça veut dire qu’on n’est pas sûr de soi et si on n’est pas sûr de soi, c’est certainement que les autres ont raison. Dans un débat avec autant de conneries débitées par opportunisme, il aurait quand même été bon que quelqu’un dise clairement qu’il faut arrêter de raconter de la merde.

Les politiques sont tellement la tête dans la course à l’opinion publique qu’ils ne voient même pas le sens premier de ce qui est dit. Ils s’attaquent tous ridiculement sur la forme alors que le fond est déjà condamnable et que ç’aurait été bien plus facile de démonter les arguments débiles de tous ces intolérants un à un.

Simple comme bonjour. La définition de la laïcité est simple. Même la laïcité pour les nuls écrit par la BBC, n’y ajoute rien. La laïcité n’est pas une interdiction de pratiquer sa religion, de parler de sa religion ou de montrer sa religion. C’est une interdiction pour les institutions religieuses (et donc les membres de ces institutions) de prendre part aux affaires de l’État et à l’État de financer des institutions religieuses. Qu’on les laisse donc prier en paix, ces gens ! Le port du foulard, de la burqa ou la prière des rue rentrent dans le cadre des signes ostentatoires bla bla bla, mais aucunement dans celui de la laïcité. Justement, on est dans un État laïque et de plus, un pays qui se veut libre. Pourtant, depuis des années, l’État est en train de décider ce qui doit pouvoir se faire ou non en matière de religion… Si la France était vraiment laïque, ne devrait-elle pas ne pas se mêler de ça ?

Le gouvernement se doit de se mêler de la vie des citoyens et résidents du pays, mais si on commence à dire que prier dans la rue est influencer l’opinion publique et donc l’État, qu’on interdise aussi aux fonctionnaires d’aller à l’église, au cloches de sonner, qu’on supprime les jour fériés comme Noël ou Pâques, qu’on interdise de chanter des chants de Noël dans les rues, les crèches vivantes ou non, etc… Les gens ont des religions différentes les uns des autres et il serait bon que tout le monde l’accepte. Au lieu de ça, sous couvert de notions abstraites, on refuse la culture  qui n’est pas la nôtre.

Pour moi, la laïcité, c’est aussi le droit pour tous de pratiquer sa religion ou son athéisme librement, sans que l’État ne vienne y mettre le nez. En fait, la France a encore loupé l’occasion de se montrer comme un pays d’ouverture et de liberté. A vrai dire, elle s’est tellement vautrée qu’elle m’a fait penser à cette photo.

On échange les religions et c’est comme à la maison !

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A propos Pseudo Moi-Même

Jeune homme bien sous tous les rapports, Mesdemoiselles n'hésitez pas...
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5 commentaires pour Débattons dans les rues…

  1. PALoup dit :

    comment dire pour faire simple :
    Bon Résumé.
    J’aime ^^

  2. Zelda dit :

    Merci d’avoir aussi bien résumé le fond de ma pensée. Je suis rassurée de voir que je ne suis pas la seule à m’énerver dès qu’il est question de ce faux débat qui transpire le racisme.

  3. Kerido dit :

    Un extrait de la comédie musicale dont je t’ai parlé, « Avenue Q » 🙂

  4. raph85 dit :

    Bon là, je me dois de faire des critiques négatives sur cet article. J’avais d’abord pensé faire un long commentaire, mais je vais finalement faire court pour l’instant:
    – Les gens utilisent mal le mot laïcité? Sûrement. N’empêche que le problème est pas là. En occurrence, certaines personnes (de tous bords politiques) sont visiblement choquées que d’autres personnes affichent clairement des signes d’appartenance religieuse dans les lieux publiques (école ou rue). Appelle ça comme tu veux, c’est un fait et il faut faire avec. Et non, ça n’est pas du racisme. Comme si ça ne touchait pas toutes les religions, mais exclusivement l’Islam… Quant à savoir si le fait d’en parler rend les gens racistes (c’est bien ça l’accusation, non?), faudrait qu’on m’explique.
    – A partir de là, tu fais des attaques absolument gratuites sur deux personnalités politiques en leur assignant des “pensées intimes” insultantes. C’est limite de la diffamation, je me demande bien ce que ces attaques si basse font là. Je m’inquiète d’ailleurs plus généralement de cette manie de tout le temps chercher des sous-entendus, voir le mal partout, et au final baser ses jugement sur du vent au lieu de les baser sur des faits concrets. Ça mène clairement à une perte d’objectivité (et de crédibilité auprès des personnes neutres!), à l’aveuglement et à l’intolérance. Genre par exemple, chaque fois que Marine dira quelque chose, soit on sera pas du même avis, soit on sera du même avis mais comme par hasard, on lui trouvera une motivation maléfique. Qu’il y ait effectivement des sous-entendus n’est pas la question, la seule et unique chose qui devrait compter est de savoir quel est l’avis, et est-ce qu’il y a une motivation valable pour ça.

    Je sens que de toute façon, je vais devoir développer plus tard, mais ça suffira pour l’instant. Ah et non, je suis absolument pas naïf.

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