La propriété de la Terre

Le billet que je vous livre aujourd’hui s’est vu retardé par le doute sur sa qualité argumentaire (inexistante). Mais je décide qu’un lecteur avisé aura le bon sens de ne pas considérer cela comme un recueil d’opinions mais seulement comme la manifestation d’un questionnement hâtif. Bien à vous.

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Pourquoi ?

C’est la question naïve sur laquelle se repose le présent article. Comme c’est un peu vague (mais j’aime bien donner un minimum d’informations et poser un maximum de questions sans réponses, comme ça, on a l’impression que c’est compliqué alors que ça ne l’est pas, un peu comme dans les mangas de CLAMP… Je disais « comme c’est un peu vague »…) je vais séparer en plusieurs questions dont je préviens tout de suite que les meilleures n’auront pas de réponse et que cela constituera une réponse en soi.

Quel droit a une quelconque personne de posséder une partie de la Terre ?

À mon sens, aucun. Si on prend du recul par rapport à la notion de propriété, on se rend compte qu’elle est d’abord liée à l’habitude et l’éducation d’une société depuis longtemps rompue à l’art de collectionner les biens pour l’un en le retirant aux autres. Bien avant d’être liée à une réelle propention de l’être humain à chercher à acquérir des biens. Il existe ou existait de nombreuses sociétés et civilisations qui n’ont jamais cherché à s’approprier la Terre, qui y vivaient avec respect et nombreuses sont les tribus qui ne connaissaient pas la notion de propriété avant d’être approchés par les colons européens.

Si on veut être honnête, il faut reconnaître que la notion de propriété peut découler d’un sentiment naturel qui est la convoitise. Ceci est par exemple imaginé dans le film « Les dieux sont tombés sur la tête » dans lequel une tribu de bushmen voit tomber du ciel une bouteille de coca à laquelle ils trouvent de nombreux usages. Cependant, comme il n’existe qu’un spécimen du genre dans le monde dans lequel vit cette tribu, les gens commencent à se disputer car ils veulent tous pouvoir s’en servir et ce parfois au même moment.

Donc en gros, la convoitise n’existe que si tout le monde ne peut pas tout avoir et la propriété protège ceux qui ont de ceux qui n’ont pas. Donc si on voulait être cohérents (mais ça se saurait) on devrait interdire la possibilité de s’approprier les choses dont on veut que tout le monde profite. Comme les ressources naturelles.

Imaginons qu’on vive en collocation à trois, vous, moi et un troisième luron. Un beau jour, le vent fait passer une playstation par notre fenêtre et la cache derrière un meuble. Trois ans plus tard, le troisième luron qui passait l’aspirateur derrière ce meuble découvre la playstation. Il joue avec et nous lui demandons si nous pouvons jouer avec lui. Ce à quoi il répond qu’on a le droit de jouer pour 3 euros de l’heure. Ce serait pas dégueulasse ? Le fait d’avoir fait l’effort de passer l’aspirateur lui donne-t-il le droit de posséder la playstation ? N’aurait-il pas fallu rendre la playstation à qui de droit (l’acheteur ou à défaut la compagnie Sony) ? Si on veut pousser l’analogie encore plus loin, la playstation tomberait dans votre chambre et le colocataire douteux l’aurait trouvée en fouillant vo affaires personnelles.

Est-ce réellement différent dans la nature ? De quel droit est-ce que certains exploitent les ressources naturelles d’une Terre que nous partageons tous pour ensuite nous les revendre (ou pas, même) ? Les cristaux, l’or et les métaux extraits de la terre, sans parler du pétrole, n’appartiennent-ils pas à tous ?

Pour mettre un bémol, je pense que la transformation d’un produit, sa conception, l’effort développé pour sa récupération ou, dans un autre registre, les idées et les recherches qui ont été nécessaires à son élaboration doivent être rétribuées. Pas qu’on dise que j’encourage les voleurs à aller dans un bijouterie en disant que les diamants et autres sont aussi à eux. Mais ces diamants étaient initialement à tous. Et on n’a rien touché quand un mec la trouvé dans une mine au fin fond du Nigeria.

Enfin, tout ce que je raconte part du principe que la Terre appartient à tous. Il semblerait que tout le monde ne soit pas de cet avis… Peut-être faudrait-il même aller plus loin et dire que la Terre ne nous appartient pas du tout et que les questions que je pose sont débiles vu que demande qui des humains mérite la propriété alors qu’il serait sûrement plus objectif de dire que rien ne nous appartient et qu’on ferait donc mieux de ne pas emprunter ce qu’un ne peut pas rendre..

Mais objectivement, j’essaie de comprendre. D’une part, si on trouve un endroit tranquille pour poser son sac de couchage, a-t-on envie qu’une personne arrive et nous demande de nous pousser parce qu’elle veut s’installer au même endroit ? D’autre part, être arrivé en premier nous donne-t-il le droit de profiter de ce que la Terre nous offre ?

Je ne prétends pas avoir une réponse à ces questions, mais je pense qu’il faut y réfléchir, quand certains y ont donné une réponse depuis longtemps : la propriété revient en priorité au plus fort, ensuite, s’il n’y a pas de plus fort elle revient au premier. Deux injustices. Ensuite, à la mort du possédant, la propriété ne revient pas à tous ; elle revient à un héritier ou à l’État. Deuxième injustice.

Pourquoi la Terre est-elle séparée en États ?

Courte partie pour exprimer ma croisante incompréhension de la séparation des peuples en différents États et régions du globe, alors que la Terre est devenue minuscule avec notre technologie. Discussions instantanées et voyages à l’autre bout du monde en moins d’un jour. Je me trompe peut-être, mais je pense que rien ne permet d’affirmer que ces limites sont nécesaires. Il me semble en premier lieu que tous les gens du monde (civilisé) ont le mêmes préoccupations. Peut-être est-ce dû à la mondialisation. Peut-être simplement parce que nous sommes tous humains. Néanmoins, une différence de culture, de nourriture, de religion ou de richesse justifie-t-elle de créer un nouveau pays ? En France, il y a bien des dizaines de dialectes, cultures, gastronomies, religions et niveau sociaux différents. Pourtant, nous appelons cela « France » et ne cherchons pas à créer un nouvel État pour chaque différence trouvée. C’est également la preuve que ces limites ne sont pas nécesaire au maintien des cultures locales ou des langues.

J’avais déjà fait un article qui posait la question « Quel est le sens d’avoir plusieur monnaies ? », je pense que la présente question va dans le même sens. Pourquoi certaines personnes peuvent facilement aller partout alors que d’autres devraient rester chez elles ? En plus, j’ai le sentiment que ces questions d’États sont génératrices de guerres et de discordes. Les Israëliens se battraient-ils contre les Paletiniens si personne ne réclamait la propriété de Jérusalem et autres ? Si tous ceux pour qui ce lieu de culte est significatif avaient le droit d’y vivre, entrerait-on dans des affrontements sanglants pour le conquérir ?

Ouvrez les frontières ! Et puis comme ça, si les étrangers vous piquent votre boulot, vous pourrez toujours aller leur piquer le leur.

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Jouer dans un groupe

C’est une expérience unique d’écouter un vieil enregistrement qu’on a fait avec un groupe. D’entendre cette musique, articulée et harmonieuse, synchrone et symbiotique.Entendre l’entente. Une quasi-transe due à l’attention qu’il fallait dégager pour toujours jouer, mais s’adapter et compléter et laisser la place et partager l’espace sonore, en laisser un bout à chacun et parfois tout laisser. Et soudain, les secondes accidentelles d’après-fin ; celles où chacun reprend son indépendance et la séparation des esprits se dévoile. Le bordel parce que chacun joue son petit truc, que l’un parle et l’autre essaie des mélodies. Comme la désagrégation d’un édifice finement équilibré, l’écroulement des blocs.

Que c’est agréable ! La musique en ce qu’elle est le rassemblement des différences. Cet enregistrement que j’ai écouté, m’évoque une profondeur et une intensité rare malgré les couacs, parce qu’on entend seulement ce que ça pourrait devenir. Une énorme partie n’en était pas calculée. Et même lorsque plusieurs d’entre nous improvisions, cela s’accordait plus que si quiconque avait élaboré quelque chose de construit à ce moment. Et on l’entend aussi, à la fin de la piste. La quasi-surprise : « Eh bien ! Ça sonnait bien à un moment. À deux, même. »

L’enregistrement trop long, ou comment accidentellement capturer de bons souvenirs.

Merci pour tout. C’est quand qu’on refait de la musique ensemble ?

P.S. : Bien sûr, cela ne s’applique pas si vous n’appréciez pas ce que vous jouiez ou les autres musiciens.

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L’alarme est sonnée… Ou pas

Encore un échec de canard le capitaliste.
Cet article du Monde.fr m’a fait très peur. J’ai failli me jeter d’un viaduc, mais tant qu’à faire, je me suis dit que je pourrais lire l’article jusqu’au bout.

Le premier paragraphe est alarmant. Nous n’avons pas progressé pendant un trimestre et pourrions même régresser d’ici le troisième ! OK, on va tous mourir de faim. Et sinon ? Ah, en fait, on et pas sûr, ce sont juste les prévisions de la Banque de France. Bon, il faut avouer que vu que la Banque de France a tendance a être trop optimiste, on est certainement dans la mouise s’ils prévoient la stagnation.

En outre, il est drôle de voir qu’on devrait stresser pour 0,1% de contraction de l’activité pour deux trimestres consécutifs. ce qui voudrait dire que sur 6 mois, nous aurions eu une baisse cumulée de moins de 0,2%. Donc en fait, pour ces hurluberlus, il vaut mieux y aller franco à 7% de contraction direct puis ensuite revenir à une croissance de 0,1% tranquillou pendant un trimestre. Ouf, on a évité la récession !

Peut-être que je n’y comprends rien, mais de là où je me trouve, les journalistes du Monde (et les économistes qui tirent la sonnette d’alarme) n’ont rien à envier aux sorciers d’Harry Potter que le seul fait d’invoquer le nom de Voldemort suffit à faire trembler de peur.

Pour revenir au choses sérieuses, ayant la « chance » de travailler dans une entreprise (privée), j’ai entendu maintes fois que l’économie s’est contractée à cause de l’élection de François Hollande. Encore une fois, c’est la conséquence d’une économie plus qu’instable, car se basant sur des préceptes de prophéties auto-réalisatrices. Les gens ont eu peur que l’économie chute avec François Hollande, alors elle a chuté. Comment peut-on supporter que la superstition décide de notre richesse et de notre pauvreté ? Le pouvoir appartient à une diseuse de bonne aventure.

J’attends les commentaires avec impatience !

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L’anti-tabagisme

Une première pour inaugurer, espérons-le, une série de pensées sorties comme ça d’on ne sait où. Parce qu’on n’a pas toujours des argumentaires épanouis et construits et aussi, parce que certaines pensées ne sont liées à rien qu’à elles-mêmes et ne justifient donc en rien un long papier.

Courtement, je me demandais pourquoi on pouvait constater une telle haine contre les fumeurs. Déjà, les restrictions des espaces fumeurs (tout à fait justifiée à mon sens), mais aussi la création de zones entières (campus) dans lesquels il est interdit d’embraser la moindre poussière de brindille en tube.

Cela est connu par les services de sécurité comme source de danger importante. Et oui, un fumeur en manque a de grands risques de fumer, autorisé ou pas. L’interdiction portée à une zone est donc dangereuse en ce que l’interdiction est totale pour quelqu’un dans l’incapacité de quitter les locaux concernés (patient d’un hôpital, par exemple). Ce à quoi on me répond souvent que ces gens n’ont « qu’à pas fumer » ou que « ils savaient bien que c’était une connerie de fumer, ils avaient qu’à pas commencer. »
Ceci n’apporte évidemment rien au problème, en plus d’être une erreur de logique primaire, en ce que :
– soit on montre l’ignorance qu’on a pour ce qu’est une addiction et ce que c’est d’être dépendant.
– soit on nie les principes de la relativité d’Einstein en conseillant aux gens pour aller mieux, de ne pas commettre les erreurs qu’ils ont commises il y a des années.

Bref. Fumer n’est pas autant un choix qu’un besoin dans la vie d’un fumeur. Je ne comprends pas ce qui justifie de stigmatiser les gens qui succombent à un pêché tout à fait légal et qui font eux aussi partie de la société.

Une chose intéressante qu’on m’a dite était : « Les fumeurs nuisent à ma santé quand ils fument sans égards à côté de moi. »
C’est vrai et c’est une attitude tout à fait détestable de ne pas prendre les autres en considération.
Néanmoins, me vient l’image des dizaines de millions de gens qui ne fument pas mais prennent leurs voitures et qui nuisent bien plus à ma santé qu’un quelconque fumeur peu respectueux.

Ceux-ci ne sont pas stigmatisés et on ne leur interdit pas de rouler devant ma porte d’entrée . Eux aussi polluent mon air, et ceci même s’ils ne sont pas proches de moi. Pourtant, en tant qu’ex fumeur, je trouve que prendre sa voiture relève bien plus d’un choix de confort que la cigarette. Il n’y a pas d’addiction à la voiture. Il n’y a que la facilité. À moins qu’on vive dans un lieu reculé dans lequel son usage est indispensable. La plupart du temps, la voiture est un produit de luxe néfaste pour tous et dont on pourrait se passer. De plus, la consommation d’essence génère des guerres, donc des meurtres.

J’avais dit courtement. Je n’aime pas la cigarette et ses effets. Mais j’aime encore moins le mépris, surtout celui autorisé, voire encouragé par la bien-pensance sanitaire.

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Les raisons de changer le monde – Episode 2

L’épisode 1 ici.

Tout le monde s’accorde à dire que le monde doit changer. On attend des politiciens qu’ils aient un programme, c’est bien parce qu’on attend un changement. Qu’il se passe dans un sens ou dans un autre. Ce qui nous amène à cette deuxième raison de changer le monde.

 2 – L’impuissance politique

Dans l’article précédent, ma logique me soufflait déjà que si des gens continuaient de souffrir sans pouvoir répondre à leurs besoins de subsistance les plus basiques, c’est que ceux qui ont l’argent ne sont pas généreux. Pour quelles raisons ? Peut-être qu’ils ont juste perdu le sens des réalités au point d’oublier qu’au bout de la chaîne de l’assainisement de budget, il y a quelques milliers d’ouvriers qui perdront leur seule source de revenu pour que le chiffre d’affaire de l’entreprise gagne 0,2%. Peut-être que ce sont simplement des connards d’égoïstes qui cherchent à entasser des billets dans un coffre pour plus tard y piquer une tête. Peut-être qu’ils ont juste un problème psychiatrique. La réalité doit certainement être un peu plus modérée, c’est-à-dire qu’on retrouve un peu des trois.

Je vais utiliser la logique. Ces gens ne sont pas généreux. Donc, ils ne veulent absolment pas partager leurs avantages. Ils veulent donc les conserver.

Le moyen par lequel ils arrivent à leurs fins est purement et simplement notre système politique. Mais peut on encore parler de politque. Personnellement, je la confonds avec l’économie vu comme nos politiciens n’ont toujours que l’argent à la bouche mais aussi, à voir comment le manque d’argent donne le droit aux banques de dicter non seulement la conduite, mais purement et simplement de décider quels seront les représentants d’un pays.

Les réflexions d’Etienne Chouard m’ont beaucoup apporté et j’en parle d’ailleurs dans cet article. L’évidence était sous nos yeux tout du long et nous ne l’avions pas vue. D’aucun dirait qu’on nous la cache. Tout peut encore une fois se démontrer en un court exercice de logique :

  1. Nous votons pour un Président de la République.
  2. Lorsque nous votons, nous choisissons la personne que nous apprécions le plus.
  3. Une personne qui fait une meilleure publicité a donc plus de chances d’être élue.
  4. Une bonne publicité demande de l’argent et la coopération des médias.
  5. Un candidat qui a beaucoup d’argent à investir dans sa campagne est donc plus à même d’être élu.
  6. Ceux qui ont beaucoup d’argent à investir dans un candidat ceux qui ont beaucoup d’argent tout court.
  7. Le candidat élu est donc très probablement celui soutenu par les riches.
  8. Un parti est dépendant de ses soutiens.
  9. Le Président de la République défendra toujours l’intérêt des plus riches.

Le principal problème ne vient pas du fait que le gouvernement avantage les plus riches et développe un système extrêmement inégalitaire (même si l’accroissement des inégalités est la cause première du mal-être social et par conséquent des problèmes de société). Le problème vient du fait que la population qu’il avantage n’est qu’une portion infinitésimale du spectre électoral. C’est-à-dire que le gouvernement n’a pas à coeur le bien-être de la plupart de ses électeurs. Seulement ceux aux mains du pouvoir monétaire.

Dans cette situation, pourquoi voter, sachant que de toute manière, les personnes qui ont une chance d’être élues ne feront rien pour améliorer vos conditions de vie ? Pour cela, on choisit le moindre mal. C’est-à-dire ceux dont la politique, par effet de bord, améliorera de façon légèrement plus marquée notre bien-être. Mais au fond, nous sommes impuissants car tous les élus nous amèneront plus avant dans une politque de compétitivité globale (et j’insite sur « globale » qui fait que si les riches deviennent beaucoup plus riches et les pauvres beaucoup plus pauvres, le pays, d’une manière globale, s’enrichira. Mais pour cela, la grande majorité des gens se seront appauvris).

D’aucun disent qu’on ne peut pas abandonner le fait de voter pour notre gouvernement, car c’est là la force de notre condition d’électeur. Ils ont raison. C’est en fait le seul pouvoir que nous avons : choisir qui prendra les décisions à notre place. Nous votons une fois tous les cinq ans, puis nous n’avons plus notre mot à dire. La seule possibilité que nous avons de nous faire entendre est de manifester une fois que l’annonce d’une modification déplaisante à été faite. C’est bien la preuve que personne ne s’est soucié de notre opinion lors de la conception des mesures qui veulent être mises en place.

Les fervents défenseurs du droit de vote ont souvent le problème suivant qu’ils projettent l’abandon de ce droit dans un système qui continuerait à fonctionner comme il le fait déjà. C’est à dire qu’ils ont la peur raisonnable que l’abandon de leur seul droit les rendra complètement impuissants. Mais cette vision des choses est aussi absurde que, si l’on propose que les joueurs de foot aient le droit de jouer avec les main, certains rétorquent qu’alors, les règles en vigueurs les sanctionneront et que notre équipe de foot sera alors toujours perdante. Si l’on propose que les joueurs de foot puissent jouer avec les mains, il va de soi que les règles du foot devraient également être changées pour ne pas nuir au succès des équipes.

La proposition d’Etienne Chouard de rétablir la démocratie en utilisant le tirage au sort de nos représentants s’inscrit évidemment dans une organisation de notre société amplement modifiée. Des décisions pour lesquelles tous les citoyens se concertent (ou du moins, un très grand nombre de représentants impliqués à petite échelle). Dans ce contexte, l’abandon du droit de vote n’est pas l’abandon du seul pouvoir que nous avons, car nous avons déjà rectifié notre impuissance générale en donnant une voix à tous concernant toutes les décisions.

Mais les acteurs politiques ont bien fait leur coup. Ils nous ont fait croire pendant des siècles que le vote était le siège de notre pouvoir en tant que peuple et que notre voix s’exprimait par ce biais. Ils ont même appelé cela droit de vote, alors que restriction de notre pouvoir au vote aurait été une dénomination bien plus honnête. De même, ils nous ont fait croire que le vote était le garant de la démocratie et qu’il était essentiel à celle-ci, alors qu’il est celui qui l’empêche d’exister en délégant la prise de décisions à un petit nombre de personne qui n’ont pas de comptes à rendre et qui n’auront donc de cesse d’augmenter leur propre pouvoir au détriment de celui du quidam, ce qui est une réaction tout à fait naturelle. Néanmoins, au fil des siècles, le pouvoir s’est progressivement autonomisé, au point qu’il est maintenant possible pour les ministres de voter des mesures les concernant sans avoir à recourir à l’avis de quiconque. Quand il est possible de changer la loi pour qu’elle vous avantage directement, comment peut-on penser que l’Etat est responsable et qu’il n’y a pas de conflit d’intérêt ? Je pense par exemple à certains projets de loi cherchant purement et simplement à limiter l’abus de bien public à leur utilisation pour soi-même ou un membre de sa famille, ce qui aurait laissé quartier libre aux abus se faisant au profit d’un tiers (ami, partenaire financier, etc…).

Même si notre impuissance actuelle à sa source dans le fait que nous votons, celle-ci a des sources bien plus lointaines dans l’Histoire et dans les esprits. La première étant que lors de l’établissement d’une démocratie en France à la révolution, aucun des penseurs n’aurait fait la grossière erreur de confier la prise de décisions capitales aux ignorants. Il fallait donc laisser le pouvoir au mains de gens compétents. Comment était-il possible de créer une vraie démocratie en partant du principe qu’il était de première importance d’empêcher les ignorants – et donc les plus pauvres – d’exprimer de façon sensible leur opinion ? Beaucoup pensent qu’il est important que le pouvoir soit aux mains de personnes compétentes et que la plupart des gens ne sont pas à même de prendre les bonnes décisions dans des domaines qui demandent une grande expertise. Mais bizarrement, la politique n’est pas du tout une question d’expetise, malgré ce que veut nous faire croire le gouvernement en place et à vrai dire tous les autres aussi. Un politique ayant étudié la politique n’en saura pas plus concernant les domaines de la santé, de l’environnement, de l’éducation et quasiment tous les autres domaines, qu’une personne n’ayant pas fait de politique. Dans ce cas, quelle est la légitimité des hommes et femmes politiques à prendre des décisions nous concernant ?

Le fait est que le tirage au sort, associé à la mise en place de réelles sanctions en cas de manquement à leurs obligations, peut rétablir l’honnêteté et la compétence du gouvernement représentatif. Le problème est que notre gouvernement applique la plus grosse caricature du communisme. Tous les ministres sont payés de la même façon et sans aucune obligation de résultats ou de compétence. Dans ce cas, pourquoi devraient-ils se donner la peine de travailler ? Autant passer ces années de bon salaire pour voyager à droite à gauche et faire des speechs à tout-va histoire d’augmenter sa côte. Les dépenses de campagne sont encore une chose que le tirage au sort supprimerait : si vous n’êtes pas élu, vous n’avez aucun intérêt à être aimé du public ou à essayer d’être choisi. Encore un gain de temps et d’efficacité non-négligeable.

Mais ce qui me touche le plus est que je pense que le tirage au sort permettra à notre pays de recommencer à avoir des principes. Quand notre gouvernement n’a que l’argent aux lèvres et les chiffres aux yeux, mû par un droit légal de prendre n’importe quelle décision (car ils sont élus), il est bien plus inhumain que n’importe qui. Le traitement médiatique de la guerre du Vietnam aux Etats-Unis montre bien que la population, au vu des horreurs de la guerre, avait tendance à s’opposer aux atrocités commises par leur pays, aussi bien qu’à cause des risques pour les leurs. En d’autres mots, on peut penser qu’un pays aurait moins tendance à se lancer dans des guerres pour des raisons économiques si on demandait objectivement l’avis des citoyens. Mais c’est là qu’interviennent les médias et ce sera l’objet de la troisième partie.

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Les raisons de changer le monde – Episode 1

J’ai une annonce à faire. Après des mois d’absence — qui me semblent comme des années au vu du plaisir que je prends à écrire — je compte à nouveau prendre le temps de faire vivre ce blog qu’à vrai dire peu de gens lisent (mais vous êtes les seuls qui comptent vraiment).

Ah oui, j’avais dit que j’avais une annonce. Voila, sans préambule : Je suis devenu progressiste. C’est-à-dire que j’ai été poussé à réfléchir à ce qui ne va pas dans notre société et que je porte désormais en moi la puissante volonté de changer profondément le système actuel, jusque dans ses bases. Surtout dans ses bases. Plus simplement, c’est ce que les défenseurs du système en l’état appellent extrémisme. C’est amusant, car mes opinions n’ont rien d’extrême. Elles ont été appelées par ma seule raison. En quoi la logique peut-elle être extrême ? Elle l’est simplement parce qu’elle demande de s’éloigner considérablement de la norme actuelle. Mais lorsque la norme est extrême, une position neutre semble extrême.

Au cours des derniers mois, on m’a dit beaucoup de choses. Que j’étais extrémiste, donc. Que j’avais été manipulé par des arguments tronqués. D’autres choses encore… Ce billet n’aura donc PAS pour but de répondre à ces commentaires. D’une, parce que c’est chiant. Vous avez autre chose à faire qu’écouter les pleurnicheries d’un ego remué. De deux, parce que ça n’apporterait rien. Simplement, je vais présenter par le menu les choses qui m’ont interpellé.
(EDIT : En fait, j’ai déjà tellement de choses à dire sur le premier point que je vais décomposer ça en plusieurs articles)

1 – Les 99%
Vous n’êtes pas sans savoir qu’aux Etats-Unis, presque 37% des richesses étaient détenues par 1% de la population en 2007. Après le crise des subprimes en 2008, 24% de la richesse du pays sont détenus par 1% de la population. Malgré cela, les pauvres ne gagnent pas plus d’argent, c’est juste que les riches en ont moins et ils ont l’intention de faire payer les pauvres pour leurs erreurs, comme le montrent toutes les mesures drastiques de redressement discutées récemment. Un calcul facile me fait donc comprendre qu’en moyenne, une personne appartenant au centile le plus riche touche purement et simplement ( 24 fois 99 ) fois plus qu’une personne quelconque appartenant aux autre 99%. 24 fois 99, ça fait presque 2.400 (ça fait exactement 2376). La tendance à beau être moins accentuée dans les autres pays du monde (et encore…) c’est partout le même problème.
Cela implique plusieurs choses. Déjà, est-ce que ces gens travaillent réellement 2400 fois plus que les autres, en moyenne ? Il n’y a que 24 heures dans une journée et 365,25 jours par an. Même si vous ne bossez pas très dur, que vous êtes à mi-temps et que vous avez plein de congés payés, ce qui ramène votre temps de travail a environ 5 mois, multiplié par 2,4, ça donne quelqu’un qui bosse a temps plein toute l’année sans prendre de congés. Multipliez ça par 5 et vous obtenez quelqu’un qui exploite chaque minute pour avancer dans son travail. Multipliez ça par 2 et vous avez une personne qui ne fait que bosser tout le temps et a à peine le temps de dormir. En gros, en étant généreux, on trouve qu’un obsédé du travail bosse environ 24 fois plus qu’une feignasse de fonctionnaire ayant fait une grossesse. Le reste du facteur de différence dans le salaire devrait se retrouver dans l’efficacité d’une personne à faire son travail. C’est-à-dire la rapidité avec laquelle elle fait avancer son travail.
Quand une personne dit que notre système capitaliste est juste et bon (comme le bon Dieu), elle est donc en train d’avancer qu’elle a la certitude que les plus riches travaillent au moins 100 fois plus efficacement qu’un travailleur moyen. Bouarf.
L’évidence est que notre système n’est pas base sur le mérite, ni sur le travail. Il est basé sur la rentabilité et la productivité. Deux critères qu’il est concrètement absurde de poursuivre. Le premier parce que la rentabilité ne prouve en rien la valeur d’une tâche. Les traders sont-ils nécessaires à la bonne santé de l’économie ? D’un point de vue tout à fait violent, je dirais que les traders sont au mieux inutiles. Des gens qui grappillent l’argent qui dépasse entre les transactions. Mais c’est au mieux, parce que l’argent qu’ils prennent est de l’argent perdu pour l’économie et donc pour l’industrie et les services. Ce qui fait le plus mal, c’est que c’est de l’argent perdu pour rien. Donc non, la rentabilité d’un travail n’est pas lié à sa qualité ou son utilité. On peut trouver d’autres exemples faciles dans tout ce qui concerne les produits de luxe et la grande distribution.

Pour sa part, la productivité est un mauvais critère parce que d’une, pour produire plus, il suffit de faire en sorte que les gens travaillent plus pour le même salaire ou de pouvoir les payer moins. En aucun cas une grande productivité n’encourage l’amélioration des conditions de vie des gens. Seulement les conditions de vie de ceux à qui profitent la productivité, c’est-à-dire ceux qui peuvent se servir des profits d’une entreprise pour eux-mêmes. De plus, les ressources naturelles ne sont pas illimitées et produire toujours plus tend à un épuisement de celles-ci. Après, on peut toujours dire que les entreprises embauchent et que c’est pour ça qu’il faut les aider à grandir. Et même si on accepte un tel argument, cela ne justifie pas l’écart dans la répartition des richesses.

Encore des maths, toujours des maths.  C’est vraiment simple, un PDG qui touche 200 millions nets par an. Qu’est-ce qui l’empêche de ne toucher que 100 millions par an et de de permettre à son entreprise d’employer 2000 personnes de plus, ou peut-être seulement 1000 personnes de plus et la construction de nouveaux locaux, etc… Mais ce n’est pas le cas. D’ou ma conclusion que les grandes entreprises ne favorisent pas amélioration des conditions de vie. Elles la ralentissent en concentrant les richesses en un nombre restreint de personnes. Mais ce n’est qu’un exemple d’un cas particulier, même si cela englobe toute les grandes entreprises et donc la plus grande partie de l’argent en circulation.

Dans le monde, 1% de la population possède 40% des richesses et 20% possèdent 85% des richesses. Le même calcul porté sur l’ensemble de la population nous indique simplement que si les 20% les plus riches gagnaient un tiers en moins, c’est-à-dire 56.6% des richesses, 99% de la population gagnerait 3 fois plus (43% au lieu de 15). Sic.
Pourtant, avec un tiers en moins, ils ne devraient pas être trop pauvres, si ? Je ne dis pas que ce serait une bonne chose de mettre le SMIC à 3.000 euros par mois en France et ce genre de choses. Seulement, ces chiffres montrent bien qu’en “appauvrissant” une petite minorité de gens, on peut énormément améliorer la vie de 4 personnes sur 5 ! Ne serait-ce pas ce qu’il faudrait faire plutôt que d’enrichir cette petite minorité en se basant sur l’espoir utopique que leur richesse permettra à la totalité de la population de vivre mieux ? Les richesses sont là, concentrées en une minuscule portion de l’humanité, pourquoi faudrait-il attendre que cela crée une amélioration des conditions de vie pour tous sur 100 ans (et prier pour qu’on trouve assez d’argent pour rembourser notre dette nationale et augmenter l’age de la retraite en attendant, etc…) quand les ressources sont bien plus que suffisantes pour le faire maintenant ? Et de façon beaucoup plus significative.

Des centaines de millions de gens, sinon des milliards luttent chaque jour pour manger et pour accéder à de l’eau potable. Ces problèmes pourraient tous être résolus en un clin d’oeil en ponctionnant une quantité d’argent conséquente mais négligeable pour ces gens-là. Il est évident que quand les gouvernements et les experts nous expliquent que notre système est le plus juste et le plus efficace pour améliorer les conditions de vie de tous, c’est un mensonge éhonté. Quand ils disent que le bien-être de tous passe par le malheur de certains, c’est d’une ironie morbide. Sinon, pourquoi laisseraient-ils une minorité s’enrichir, plutôt que de permettre a des milliards de personnes de vivre mieux. Et “vivre mieux” est un euphémisme ! Je devrais dire “accéder aux ressources essentielles qui sont un minimum vital”. Autrement dit, pourquoi laisser 850 millions de personnes crever de faim et 900 millions sans accès à de l’eau potable (et je suppute que ce sont souvent les mêmes), pourquoi laisser un milliard de personnes dans le monde crever comme des chiens alors que toutes les ressources sont là, tout l’argent est là, toute les connaissances aussi…
Une seule raison s’impose. Je ne vais pas la dire, sinon je vais avoir l’air d’un extrémiste. De toute façon, vous avez compris.

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Notre système n’est pas démocratique

Vous avez certainement déjà vécu ça. Ce qu’on vous explique vous semble évident mais vous n’y aviez jamais pense auparavant. C’est ce que j’ai ressenti en regardant cette vidéo :

Ne vous inquiétez pas, j’ai déjà testé sur d’autres personnes avant, donc je sais bien ce que vous êtes en train de vous dire. Que cette vidéo fait une heure trente et que vous avez une soudaine envie de regarder chasse et pêche plutôt que d’entreprendre un périple incertain. Et c’est là que j’interviens, car j’ai déjà vu cette vidéo et peut vous dire : « Regarde-la, elle est édifiante ! »

Et pour les fainéants, il y a la suite de l’article (et pour les autres aussi d’ailleurs).

Je vais essayer de résumer le propos rapidement tout en essayant de conserver un raisonnement logique.
Une démocratie signifie que le pouvoir est détenu par le peuple. Or dans nos sociétés, on élit des gens pour nous « représenter ». Le pouvoir n’est donc pas détenu par le peuple, mais bien par les politiques pour lesquels on est obligé de voter (essayez de voter pour votre cousin Georges aux présidentielles, on verra bien ce que ça donne). Nous sommes en fait confrontés a une oligarchie, c’est-à-dire que le pouvoir est détenu par un petit groupe de personnes.

C’est le genre de constats qui saute aux yeux, quand on y pense. Qui n’a jamais pensé qu’on n’avait pas vraiment le choix, qu’aucune des figures politiques ne nous représentait correctement ? La situation dans laquelle nous sommes n’est pas celle de choisir comment nous serons représentés, elle est de choisir la personne que nous croyons être celle qui se rapproche le plus de nos idées, puis d’espérer placidement qu’elle fera des choses qui nous plaisent. Personnellement, je n’appelle pas ça être représenté, mais choisir son maître. D’ailleurs, je crois qu’Étienne Chouard dit la même chose quelque part.

La partie la plus intéressante, c’est celle dans laquelle il expose, en se basant sur la démocratie Athénienne, comment mettre en place un système politiquement égalitaire. C’est aussi la partie qui fait peur à de nombreuses personnes, car il précise que ce qui cause et permet cette oligarchie n’est autre que le principe même de l’élection. Il exprime la nécessité de ne pas avoir d’élections, mais de les remplacer par un tirage au sort parmi les citoyens.

Comme je vous l’ai dit, j’ai déjà fais le test et je sais qu’à cet instant précis, nombre d’entre vous s’insurgent contre cette proposition aberrante de renoncer à ce qui fait le garant même de la démocratie et sans laquelle nous serions dans l’incapacité de décider quoi que ce soit. J’avoue que j’ai un peu la flemme de recommencer à argumenter pour chaque argument pour vous montrer que non, ça marche, et non, c’est pas idéaliste, c’est justement très réaliste, et non, c’est pas dangereux parce qu’on a pensé à tout, et non, ça marche. Donc vous allez devoir me croire sur parole quand je vous dit que ça se tient et que la plupart des objections que nous élevons sont causées par notre incapacité à penser au-delà de ce que nous avons vécu et notre propension à tout rapporter à la situation dans laquelle nous sommes alors que dans la plupart des cas, nous ne pouvons pas transposer cette situation dans notre société.

Si vous voulez des réponses, on peut soit commencer un débat sur ce blog, mais je suis certain que regarder la vidéo sera plus instructif que de m’écouter faire de la mauvaise paraphrase. N’empêche que ça me fera plaisir d’en discuter !

A faire tourner.

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« The » Perfect Circle

Vu que je ne trouve pas de phrase d’introduction percutante, je vais commencer comme ça. Hier, je suis allé voir A Perfect Circle en concert. Et ça ne trompe pas. Pourtant, ils avaient prévenu, il avaient mis « perfect » dans le nom du groupe. Bon, ils ont aussi mis « a » et « circle« , mais c’est sûrement pour pas avoir l’air prétentieux.

Racontons le concert par le menu :
On arrive dans la salle vers 8h, c’est-à-dire bien à l’heure. On nous place dans la section appropriée, la salle de concert ne contenant que des places assises. C’est une grande salle de spectacle vraisemblablement construite pour y apprécier un philharmonique. Sur la scène, deux batteries. Je n’ai pas entendu parler d’une première partie. Mais une des deux batteries ne ressemble vraiment à rien. Toute jaune avec un tom en forme de tube courbé et impossible de s’imaginer la forme de la grosse caisse. Peut-être est-ce seulement l’éclairage de la scène qui donne cette impression… En fait, non. En fait, non sur toute la ligne. Finalement, il y a une première partie. La batterie appartient à un groupe de Japonaises déjantées y au style incertain (Rock ? Punk ? Metal ?). C’est dingue ces Japonais comme ils sont pas capable de rester dans un style précis et reconnaissable ! Tu m’étonnes qu’on n’en trouve quasiment pas au Virgin

Au fait, le groupe s’appelle Red Bacteria Vacuum (juste pour vous montrer le niveau). Bon, c’était pas mal, il faudra se renseigner un peu sur ce groupe.

Après une demi-heure de mignonnes gesticulations et de cris gutturaux,  elles terminent leur prestation. Les techniciens s’accaparent immédiatement le territoire déserté. On vire la batterie jaune. Pas trop tôt, ça me faisait mal au cerveau. Si vous voulez voir des images de la fameuse batterie et de la disposition de la scène, les photos copyrightées sont sur ce site. On règle les instruments. Le son des toms est extrêmement court. Beaucoup trop court pour un groupe de rock, même.

Au bout d’une quinzaine de minutes, les lumière s’éteignent, le groupe entre sur scène sous les vagues d’applaudissement d’un public déjà conquis. Et pour cause. Quelle raison y aurait-il de douter d’un groupe qui a montré tout au long de son existence une qualité irréprochable ?  Ah non, en fait, il manquait Maynard James Keenan, chanteur du groupe. Bien essayé, d’arriver dans le noir alors que tous tes collègues étaient sous les spots, mais le public ne s’est pas laissé avoir et t’as eu le droit à encore plus d’énergie et d’admiration communiquées. Il va falloir essayer de te déguiser en Billy Howerdel, la prochaine fois. Si tu reprends ton look dans Tool, ça peut aider.

Sur ce commence la performance. C’est du léché, c’est propre, on entend tout. Le batteur parcourt ses toms et ses cymbales comme s’il avait un toc « Si je touche pas toutes les pièces de ma batterie au cours d’un break, je me sens pas bien. » Pourtant, c’est différent. Il y a juste assez de prise de libertés pour faire du concert une expérience unique tout en laissant le public se baser sur sa connaissance des musiques. C’est magistral et quand le groupe entonne Counting Bodies Like Sheep To The Rhythm Of The War Drums et que tout le public jette son bras en avant dans la semi-pénombre, je sais que j’assiste à un événement rivalisant avec d’autres légendes.  A l’instar de We Will Rock You, un concerto pour milliers de mains.

Le concert s’est fini trop vite. Une heure et demie. Le temps normal, mais pas de rappels. Le groupe a tout enchaîné, ce qui a laisse certains d’entre nous sur leur faim, car non préparés à ce que le concert finisse. Je préfère penser qu’on y a gagné au moins 5 minutes de musique, une chanson, sur le temps que beaucoup de groupe mettent à revenir sur scène. Au final, comme tout le reste dans la vie, il n’en restera que des images, des flashs, des impressions instantanées dans la mémoire. Comme la présentation des musiciens au cours de laquelle ou un projecteur a rapidement survolé Maynard James Keenan (toujours chanteur). C’est le seul moment ou il a été éclairé. Ou à la fin de The Outsider. Ou au début plutôt, le début d’abord, quand aux premières notes, tous ceux qui ne l’étaient pas encore se sont levés. Il semblerait qu’on ne puisse absorber un concert que debout. Ou pas. Ou alors seulement celui-ci. Et à la fin de la chanson, donc, les applaudissements à n’en plus finir. Tellement que si vous n’aviez pas entamé un autre morceau seulement 30 secondes après, on aurait pu continuer encore et encore.  Trente seconde, c’est court. J’aurais voulu pouvoir applaudir bien plus que ça. Une minute, cinq, quinze… Le sentiment irréel d’être au même endroit que le chanteur. Celui qui à travers ses créations et ses mélodies dans Tool et A Perfect Circle a tellement apporté d’originalité. Dans la musique en général, mais surtout pour la nouveauté qu’il m’a apporté. Seulement 30 mètres nous séparaient. Et le sentiment d’être en présence d’un Dieu, d’un Créateur. Celui qui a trouvé de nouvelles substances à extraire de la musique même. Bien sûr, les autres musiciens ne comptaient pas pour rien. Surtout le batteur qui (rentabilisant bien les réglages dont j’ai parlé plus haut) donnait à la musique tout son esprit plus que rock. Mais quand même, c’est Keenan qui m’assommait de grandeur.

Donc dans mes plans à court terme, j’ai rajouté devenir connu pour connaitre Maynard James Keenan personnellement. Voilà, on s’y met.

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Salade de fruits, Joly, Joly, Joly

Le Monde a été gentil en exposant doctement les griefs qu’avaient différentes personnalités politiques à l’encontre d’Eva Joly. Ce n’est pas le cas de l’Express qui malgré son inclinaison plus que douteuse pour la gauche, a dû laisser écrire un article à un intérimaire exubérant. Après s’être payé sa tranche de candidate aux présidentielles, l’auteur expose les deux constats suivants :

On ne va donc pas perdre de temps à défendre ici les vertus républicaines, identitaires, collectives, démocratiques du défilé du 14 juillet. On se bornera juste à rappeler deux vérités oubliées par Eva Joly.

1. C’est un symbole de cohésion nationale qui, justement, transcende les injustices sociales, produit plus de mixité ethnique et de diversité culturelle que tout le reste de l’économie du pays.

2. Si la France, qui dispose encore du deuxième réseau diplomatique mondial, a encore un rôle à jouer dans le monde, elle est tenue de conserver un appareil militaire suffisamment significatif pour pouvoir peser au stade international et défendre ses valeurs (qui sont aussi celles de nos frères européens!). Et cet appareil a besoin d’être montré pour maintenir le contact avec la souveraineté populaire, sans quoi on aurait une armée refermée sur elle-même (ce qui est toujours dangereux).

On peut imaginer une France qui devienne un jour la Belgique ou la Norvège, mais ça ne semble pas être la volonté du peuple pour le moment. Ce qu’Eva Joly a donc bafoué, c’est non seulement l’histoire, la tradition, la conscience nationale, etc. C’est aussi, et surtout, la démocratie.

Non, mais c’est cool. Parce qu’au-delà de sa prétention à partager avec nous la vérité toute nue, il m’a quand même tellement affligé que je vais pouvoir à mon tour me moquer sans honte de quelqu’un et que vous, vous aurez la chance de lire un des très attendus articles de ce blog.

On va prendre point par point : C’est une perte de temps de temps que de rappeler les « vertus républicaines, identitaires, collectives, démocratiques » d’un événement ? Je veux bien, mais justement, il semblerait que certaines personnes n’aient pas vraiment compris en quoi le 14 Juillet apporte quelque chose à la République. Par exemple, moi. D’ailleurs, on remarque la figure de rhétorique consistant à faire croire qu’on a plein de raisons de penser ce qu’on pense en disant qu’on n’a pas envie de s’y attarder. A ce niveau, j’ai juste envie de penser que le mec (Christian Makarian) n’avait pas la moindre idée de pourquoi il fallait garder un défilé du 14 Juillet mais qu’il doit aimer les hommes en uniformes. Mais je suis curieux, je lis plus loin. On arrive donc aux « vérités oubliées » qui ferait un super titre de bouquin d’heroic-fantasy ou de self-improvement.

1. C’est un symbole de cohésion nationale qui, justement, transcende les injustices sociales, produit plus de mixité ethnique et de diversité culturelle que tout le reste de l’économie du pays.

Reprenez votre souffle, on est parti pour une franche rigolade. C’est un symbole de cohésion nationale… Donc ce que tu dis, c’est qu’avoir un défilé militaire le jour de la Fête Nationale montre que tout le monde s’entend bien ? Ça pourrait pas plutôt montrer que la moitie des gens s’en contre-fout mais n’en dit rien, éventuellement parce qu’on les laisse pas parler ? Non ? Ah, bon… Ben d’accord…

Qui transcende les injustices sociales : Aaaah ! Et moi qui pensais qu’on ne tomberait jamais d’accord. Oui, le défilé du 14 Juillet transcende carrément les « injustices » (pas inégalités, hein ? injustices) sociales. C’est gratuit et en plein air, alors même si t’es pauvre, ou Noir, ou SDF, ou pété de thunes ou que t’es en baskets, tu peux toujours aller voir le défilé. C’est pas beau ce que fait l’État pour son peuple ? Il te montre ce avec quoi il va aller taper sur des gens que t’as jamais vus pour conserver tes intérêts (enfin, c’est pas vraiment les tiens, mais là tu joues sur les mots) et accessoirement ce avec quoi il te protégerait en cas d’agression, c’est-à-dire si les Chinetoques décident de nous péter la gueule, parce que de nos jours, il reste vraiment plus qu’eux à pouvoir se le permettre avec tous les amis qu’on a. Quand on y pense, la politique internationale, c’est exactement comme les racailles. Ça marche à coup de « si tu me tapes, je me ramène avec tous mes cousins et on t’explose grave ! »

On va quand même passer au clou du spectacle, produit plus de mixité ethnique et de diversité culturelle que tout le reste de l’économie du pays. Ah ouais, quand même… Alors là, mon chou, t’es en train de dire que regarder un défilé permet non seulement aux gens de se mélanger dans la société et ce quel que soit leur origine « ethnique », mais aussi à la France de profiter des différentes cultures qui la composent (pour ceux que ça ne choque pas, je trouve personnellement que les termes origine et ethnique ne vont pas ensemble et ce pour la simple et bonne raison qu’on n’est pas originaire d’une ethnie, mais d’un lieu ou même plus justement, d’un pays, d’une nation). En plus, t’es en train de dire que regarder une PUTAIN DE PARADE, fais avancer sur la voie du bisounours les pauvres âmes pour lesquelles les aides sociales, les camps de redressement, l’éducation et par dessus tout Loft Story n’ont rien pu faire ! Désolé de parler là où ça fait mal, mais la télé-réalité est à mon avis ce qui a fait le plus en terme de mixité sociale ces 10 dernières années. On se demande presque pourquoi l’État s’enquiquine à dresser des plans d’action, alors qu’il suffit de faire défiler l’armée française tous les mois pour que notre nation baigne dans le bonheur. Au passage, si tu voulais parler du fait que l’armée embauche des gens provenant de differents niveaux sociaux, je te répondrais que oui, mais ils ne sont généralement pas non plus au même niveau au sein de l’armée. La mixité sociale et la diversité culturelle grâce à l’armée, j’y croirait quand nos soldats danseront la sirtaki à côté de tanks remplis de nems.

2. Si la France, qui dispose encore du deuxième réseau diplomatique mondial, a encore un rôle à jouer dans le monde, elle est tenue de conserver un appareil militaire suffisamment significatif pour pouvoir peser au stade international et défendre ses valeurs (qui sont aussi celles de nos frères européens!). Et cet appareil a besoin d’être montré pour maintenir le contact avec la souveraineté populaire, sans quoi on aurait une armée refermée sur elle-même (ce qui est toujours dangereux).

Cher ami, vous nous démontrez ici toute l’étendue de votre cynisme et je ne saurais être plus en adéquation avec vos affirmation. En effet, il est fort probable que la diplomatie se réduise à un rapport de force et c’est ceux qui ont la plus grosse (armée) qu’on écoute. Pourtant, j’ai une question : qu’est-ce qui permet à la France d’aller défendre ses valeurs par la force dans d’autre pays ? Moi je ne me vois pas entrer chez mon voisin et l’obliger à changer la couleur de son papier peint sous la menace parce qu’à mon avis il fait vieillot. Ce serait légèrement présomptueux. Bien sûr, on ne dira pas que génocides et privations de liberté en tous genres sont des questions de goûts. Quoique… Enfin bon, c’est très très très mal formulé de parler d’aller défendre ses valeurs à l’autre bout du monde. Pour ce qui est des valeurs de nos frères européens, non seulement, c’est l’évidence même que les valeurs de notre pays sont adoptées unanimement par tous les pays d’Europe. C’est d’ailleurs prouvé par des événements récents comme  les critiques européennes de notre système de garde à vue, de notre envie d’éjecter nos Roms, ou bien les prises de position quant à la guerre en Irak. De plus, c’est pas très gentil de dire à Mme Joly : « Vous venez d’un pays d’Europe et à ce titre, vous pouvez fermer votre gueule. » Serait-ce poliment. Comme la cerise sur le gâteau, Christian nous présente la stupidité la plus grosse que j’aie pu lire sur le site d’un journal, exclus citations d’hommes politiques et commentaires d’articles : Et cet appareil a besoin d’être montré pour maintenir le contact avec la souveraineté populaire, sans quoi on aurait une armée refermée sur elle-même (ce qui est toujours dangereux). Mais LOL, quoi ! J’en perds mon latin… J’ai même failli écrire un « Et ta mère, elle a besoin d’être montrée pour pas être dangereuse ? » mais je me suis retenu. Vous pensez qu’il le croit vraiment, ce qu’il raconte ? Le mec, il voit notre armée un jour par an, du coup, il sait qu’elle prépare rien en douce. Bah sa femme doit pas avoir trop de souci à se faire. Je suis sûr qu’elle me trompe pas, je l’ai vue la semaine dernière ! Il croit vraiment qu’en voyant des gens marcher dans la rue, ça nous donne une visibilité sur le  fonctionnement interne de l’armée ? Ben non, il y a des départements spécialisés dans ça. De plus, je doute qu’on nous tienne au courant régulièrement.

On peut imaginer une France qui devienne un jour la Belgique ou la Norvège, mais ça ne semble pas être la volonté du peuple pour le moment. Ce qu’Eva Joly a donc bafoué, c’est non seulement l’histoire, la tradition, la conscience nationale, etc. C’est aussi, et surtout, la démocratie.

Hum… Parce que le peuple, on lui a demandé s’il voulait que la France devienne la Belgique, ou la Norvège, ou bien reste la France ; et les  résultats n’étaient pas trop décevants ! Moi je me souviens pas non plus qu’on nous ait demandé si on voulait toujours du défilé du 14 Juillet. Enfin, il semble que le peuple ne veuille rien y changer, donc ça suffit comme sondage, non ? Du coup, vu que les gens ne sont supposément pas contre, en étant contre sans y avoir explicitement été autorisée par un consensus, Eva Joly montre donc qu’elle n’a aucun cœur et ne partage aucune valeur de notre République qui sont par exemple, le goût des vieilles choses, comme de passer son après-midi  à regarder des militaires parce qu’ils ont encore servi il y a 60 ans et puis que bon, on s’y est habitué, à la longue . Au temps pour l’histoire et la tradition. Pour ce qui est de la conscience nationale, en quoi la proposition d’Eva Joly la bafoue-t-elle ? En quoi l’idée que les gens aimant la France défilent pour montrer leur adéquation sur les valeurs de notre pays traîne-t-elle dans la boue la notion de nation ? Il faudra qu’on m’explique… Et surtout, la démocratie. Non, mais s’il suffit d’ouvrir sa gueule pour bafouer la démocratie, j’espère pour toi que tu regardes pas les infos. Et surtout pas la rubrique politique intérieure.

Alors Eva Joly, je sais pas si je suis vraiment d’accord avec toi sur le fait de supprimer le défilé parce que Lionel Tardy a quand même dit un truc bien : « Le défilé du 14 juillet, c’est un rendez-vous immuable, qui est un élément fort de notre unité nationale car c’est le seul moment où l’on peut saluer nos armées. »
Et puis après, il a commencé à dire des bêtises comme les autres. C’est vrai que ca peut être gentil de remercier les gens qui se battent pour que nous puissions vivre notre petite vie paisible et libre. Bon, on leur a pas tous demandé quelque chose, mais n’empêche que c’est sympa de penser à nous.

En tout cas, balancer une phrase comme ça, c’était fort ! C’est comme taper le sol avec un bâton pour faire sortir les vers de terre. Et bien toi, tu fais sortir les cons. Tous ceux qui t’ont attaquée sur ta double nationalité… Et pas un seul qui était capable de donner une vraie raison (à part celle que j’ai moi-même citée précédemment). Tu as réussi en un tour de baguette magique à montrer aux yeux de tous que rares sont les gens à vouloir un défilé du 14 Juillet autrement que par principe. Mais au royaume des aveugles…

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Vers un baka-lauréat*

*baka (mot japonais) : idiot.

Ouais, j’explique mes blagues, parfois je me dis qu’il vaut mieux. Cette fois, je vais vous compiler un petit article sur le bac. Je mets un petite vidéo pour alléger l’ambiance, avant d’entrer dans le vif du sujet.

Premièrement, pourquoi le bac ne vaut-il rien ? Même avant qu’on décide de le brader cette année, le bac avait déjà perdu toute valeur. Enfin presque. Si les tentatives de l’Éducation Nationale de l’offrir en cadeau à toute personne ayant fait l’effort d’attendre trois ans assis sur une chaise n’ont pas abouti, il doit bien y avoir une raison. Et de deux choses l’une, soit les élèves sont tellement mauvais que même quand on les tient par la main ils n’arrivent toujours pas à mériter le moindre point, ou alors certaines personnes se battent encore pour que le bac soit encore à même de sanctionner un certain niveau d’exigences. Quoiqu’il en soit, est-ce vraiment bien raisonnable ? Le système français est tel que même le bac en poche, tout reste à prouver. Oui oui ! Un bac STI et hop, on va en fac de médecine…

Je ne suis pas partisan du contrôle continu, simplement par souci d’égalité, car à moins de mettre en place un « contrôle continu » qui seraient des épreuves nationales reparties sur toute l’année avec barème strict, anonymat, etc — et on imagine le coût du service — on va se retrouver avec des profs plus exigeants que d’autres et donc des notes variant d’une classe à l’autre. Et ne croyez pas que les différences de notes ne soient valables que pour la philo ! En Terminale S, j’ai pu moi-même constater qu’entre deux classes, pour un même niveau de connaissances, la différence en terme de points avoisinait les 7. Et vous serez gentils avec moi et accepterez quand je dis que 7, c’est un tiers des points. D’ailleurs, nombre d’élèves dans ma classe gravitaient autour des 3 en math toute l’année et pourtant ont eu 20 au bac. Vingt.

J’ai aussi envie de réagir à certains commentaires que j’ai lu concernant les articles de certains journaux : Le contrôle continu n’empêchera pas la triche. Si un élève est capable de tricher lors des épreuves du bac (surveillées par au moins 2 personnes), il sera tout à fait capable de tricher durant l’année. Je voudrais aussi dire que la triche n’a pas été inventée cette année et que les gens qui pensent qui racontent qu’il y a trente ans, les gens étaient honnêtes et ne trichaient pas sont probablement des personnes qui n’ont pas fait d’études. Donc concours d’entrée aux universités, aux IUT, aux BTS, etc… pourquoi pas ! Cela ferait gagner du temps à tout le monde et éviterait l’échec si courant à la première année de fac. Mais un contrôle continu serait la plus mauvaise idée jamais mise en place. On se retrouverait avec des différences de niveau selon les établissements et par cela, des inégalités encore plus grandes. La situation évoluerait comme ceci :

On laisse la possibilité aux lycées de noter et attribuer un diplôme à leurs élèves indépendamment d’un barème national. Les premières années, les universités acceptent n’importe quel élève venant de n’importe quel établissement, comme elle l’a fait jusque là. Mais au fur et à mesure, on se rend compte que les élèves provenant de certains établissements ont un meilleur niveau que ceux d’autres provenances. Dans l’enseignement superieur, on commence à se dire que par facilité, il suffit d’accepter d’office les élèves venant de ces lycées. Pourquoi pas, en effet, vu que le lycée a déjà évalué le candidat pour vous. Plus ou moins au même moment, les lycées vont commencer à pouvoir évaluer le niveau de leur « production » par rapport à celle des autres (si ce n’est déjà fait, vu qu’ils doivent avoir connaissance de ce genre de chiffres depuis longtemps). Les lycées privés vont donc jouer de ça pour attirer plus de clientèle. L’argument : « Nous sommes un bon lycée à la fin duquel vos chances d’être accepté dans l’établissement de votre choix sont très grandes » fera des ravages quand il aurait fallu comprendre : « Si jamais vous réussissez à obtenir notre diplôme, vous aurez de bonnes perspectives d’avenir ». Les lycées de secondes zone avec les profs planqués ou fraîchement moulus auront évidemment plus de difficultés à conserver un semblant de compétitivité concernant les études supérieures (non, parce concernant le travail non-qualifié, j’imagine qu’il se défendront bien).

Un niveau plus bas et quelques années plus tard, les gens commenceront à savoir que tel ou tel établissement note plus difficilement mais permet d’accéder à de meilleurs postes en définitive. D’où un choix préalable d’estime personnelle. Se sent-t-on capable de réussir dans ce lycée précis ? Les professeurs de collège nous pensent-ils capables de réussir dans ce lycée, etc… Autant dire qu’on vient de créer une incertitude de plus dans un parcours déjà semé d’embûches. On vient aussi en quelques années (je dirais 20, allez), de permettre l’émergence de lycées d’élite, d’augmenter la sélection des plus jeune, d’orienter les gens vers des établissements privés qui peuvent se permettre de choisir qui ils embauchent et tout ça aura pour unique effet d’avancer l’échec scolaire d’une année. De plus, on décale le choix de faire des études longues (ou du moins dans l’établissement qu’on veut) au collège. Qui, au collège, est capable de dire que tel ou tel enfant sera capable de réussir 1 – au lycée, 2 – à l’université/prépa/IUT/autres ? Avec des disciples différentes, un entourage différent, un programme autrement intéressant (dans le bon sens ou pas). Bienvenu à l’élitisme et aux inégalités sociales. Donc à mon avis, le contrôle continu, il vaudrait mieux qu’on ne le sorte pas de la boite de Pandore tout de suite. Il y a déjà la peste et les sauterelles en pending, là.

Donc en fait, le bac a encore cette valeur qu’il permet de savoir qui a atteint un certain niveau au niveau national. Bon, c’est un peu symbolique et le système peut être amélioré.

Deuxièmement (et mille mots plus loin), c’est quoi cette gestion de scrogneugneux ! Tiens, Luc Chatel il va falloir lui filer CE problème de maths :

Une épreuve de mathématiques est devenue invalide pour cause de tricherie. Heureusement, seul un exercice était concerné et il est donc encore possible de rattraper les dégâts sans avoir à faire repasser l’épreuve à tous les élèves, ce qui aurait engendré des coûts monstrueux. Plusieurs solutions alternatives sont émises par le conseiller du ministre de l’Éducation Nationale :

  1. Ne compter que les autres exercices de l’épreuve.
  2. Ne compter que les autres exercices de l’épreuve, puis descendre les exigences d’un point quant à la moyenne générale.
  3. Ne compter que l’exercice concerné par la tricherie, soustraire le nombre de points gagnés à un total de 20, puis faire subir le même processus à la moyenne de chaque élève. Décerner ensuite normalement les diplômes. (ceci est bien sur une question piège, mais il y a parfois aussi des ratés au ministère)
  4. Compter tout normalement et ne rien faire, en avouant que le bac ne vaut pas suffisamment pour qu’on fasse tout un plat à cause d’une centaine d’énergumènes qui l’auront eu en trichant (réponse provocatrice et mauvaise pour l’opinion publique).

En sachant que l’exercice en question était note sur 4 points, que l’ensemble de l’épreuve était notée sur 20, que l’épreuve représente environ 22% de la moyenne d’un élève de Terminale S et qu’on estime à un millier (soit 1/160) le nombre de bacheliers ayant eu accès à l’exercice, calculer la modification de la moyenne générale d’un élève et présenter clairement et de façon argumentée quelle méthode modifie le moins les moyennes.
On supposera également que tout élève ayant eu accès à l’exercice en avance l’aura parfaitement réussi.

Vous aussi, vous pouvez résoudre ce problème. Marquez votre réponse argumentée (et mathématique de préférence) en commentaire et j’exaucerai un vœu. Si vous voulez vous renseigner un peu sur les différentes solutions qui auraient été possibles, vous pouvez cliquer ici. Enfin, tout ça pour dire que notre ministre Luc Chatel (à ne pas confondre avec Philippe Chatel, que j’aurais préféré voir à ce poste) a en deux petit coup de baguette magique invalidé la notion même de notation pour cette session du baccalauréat. Enfin, je parle peut-être un peu vite. Les correcteurs et jurys restent souverains quant au choix d’appliquer ces recommandations ou non. Mais du coup, d’un jury à l’autre…

Je conclurais bien cette article en disant que de toute façon, qui irait croire ce qu’un clampin poste sur jeuxvideo.com. De plus, je suis sur qu’il n’y a rien à faire sur les forums de ce site, alors le nombre de personnes étant allés doivent pas courir les rues. De plus, ils n’ont sûrement pas de pote à qui faire partager leur découverte, alors bon…

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