La propriété de la Terre

Le billet que je vous livre aujourd’hui s’est vu retardé par le doute sur sa qualité argumentaire (inexistante). Mais je décide qu’un lecteur avisé aura le bon sens de ne pas considérer cela comme un recueil d’opinions mais seulement comme la manifestation d’un questionnement hâtif. Bien à vous.

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Pourquoi ?

C’est la question naïve sur laquelle se repose le présent article. Comme c’est un peu vague (mais j’aime bien donner un minimum d’informations et poser un maximum de questions sans réponses, comme ça, on a l’impression que c’est compliqué alors que ça ne l’est pas, un peu comme dans les mangas de CLAMP… Je disais « comme c’est un peu vague »…) je vais séparer en plusieurs questions dont je préviens tout de suite que les meilleures n’auront pas de réponse et que cela constituera une réponse en soi.

Quel droit a une quelconque personne de posséder une partie de la Terre ?

À mon sens, aucun. Si on prend du recul par rapport à la notion de propriété, on se rend compte qu’elle est d’abord liée à l’habitude et l’éducation d’une société depuis longtemps rompue à l’art de collectionner les biens pour l’un en le retirant aux autres. Bien avant d’être liée à une réelle propention de l’être humain à chercher à acquérir des biens. Il existe ou existait de nombreuses sociétés et civilisations qui n’ont jamais cherché à s’approprier la Terre, qui y vivaient avec respect et nombreuses sont les tribus qui ne connaissaient pas la notion de propriété avant d’être approchés par les colons européens.

Si on veut être honnête, il faut reconnaître que la notion de propriété peut découler d’un sentiment naturel qui est la convoitise. Ceci est par exemple imaginé dans le film « Les dieux sont tombés sur la tête » dans lequel une tribu de bushmen voit tomber du ciel une bouteille de coca à laquelle ils trouvent de nombreux usages. Cependant, comme il n’existe qu’un spécimen du genre dans le monde dans lequel vit cette tribu, les gens commencent à se disputer car ils veulent tous pouvoir s’en servir et ce parfois au même moment.

Donc en gros, la convoitise n’existe que si tout le monde ne peut pas tout avoir et la propriété protège ceux qui ont de ceux qui n’ont pas. Donc si on voulait être cohérents (mais ça se saurait) on devrait interdire la possibilité de s’approprier les choses dont on veut que tout le monde profite. Comme les ressources naturelles.

Imaginons qu’on vive en collocation à trois, vous, moi et un troisième luron. Un beau jour, le vent fait passer une playstation par notre fenêtre et la cache derrière un meuble. Trois ans plus tard, le troisième luron qui passait l’aspirateur derrière ce meuble découvre la playstation. Il joue avec et nous lui demandons si nous pouvons jouer avec lui. Ce à quoi il répond qu’on a le droit de jouer pour 3 euros de l’heure. Ce serait pas dégueulasse ? Le fait d’avoir fait l’effort de passer l’aspirateur lui donne-t-il le droit de posséder la playstation ? N’aurait-il pas fallu rendre la playstation à qui de droit (l’acheteur ou à défaut la compagnie Sony) ? Si on veut pousser l’analogie encore plus loin, la playstation tomberait dans votre chambre et le colocataire douteux l’aurait trouvée en fouillant vo affaires personnelles.

Est-ce réellement différent dans la nature ? De quel droit est-ce que certains exploitent les ressources naturelles d’une Terre que nous partageons tous pour ensuite nous les revendre (ou pas, même) ? Les cristaux, l’or et les métaux extraits de la terre, sans parler du pétrole, n’appartiennent-ils pas à tous ?

Pour mettre un bémol, je pense que la transformation d’un produit, sa conception, l’effort développé pour sa récupération ou, dans un autre registre, les idées et les recherches qui ont été nécessaires à son élaboration doivent être rétribuées. Pas qu’on dise que j’encourage les voleurs à aller dans un bijouterie en disant que les diamants et autres sont aussi à eux. Mais ces diamants étaient initialement à tous. Et on n’a rien touché quand un mec la trouvé dans une mine au fin fond du Nigeria.

Enfin, tout ce que je raconte part du principe que la Terre appartient à tous. Il semblerait que tout le monde ne soit pas de cet avis… Peut-être faudrait-il même aller plus loin et dire que la Terre ne nous appartient pas du tout et que les questions que je pose sont débiles vu que demande qui des humains mérite la propriété alors qu’il serait sûrement plus objectif de dire que rien ne nous appartient et qu’on ferait donc mieux de ne pas emprunter ce qu’un ne peut pas rendre..

Mais objectivement, j’essaie de comprendre. D’une part, si on trouve un endroit tranquille pour poser son sac de couchage, a-t-on envie qu’une personne arrive et nous demande de nous pousser parce qu’elle veut s’installer au même endroit ? D’autre part, être arrivé en premier nous donne-t-il le droit de profiter de ce que la Terre nous offre ?

Je ne prétends pas avoir une réponse à ces questions, mais je pense qu’il faut y réfléchir, quand certains y ont donné une réponse depuis longtemps : la propriété revient en priorité au plus fort, ensuite, s’il n’y a pas de plus fort elle revient au premier. Deux injustices. Ensuite, à la mort du possédant, la propriété ne revient pas à tous ; elle revient à un héritier ou à l’État. Deuxième injustice.

Pourquoi la Terre est-elle séparée en États ?

Courte partie pour exprimer ma croisante incompréhension de la séparation des peuples en différents États et régions du globe, alors que la Terre est devenue minuscule avec notre technologie. Discussions instantanées et voyages à l’autre bout du monde en moins d’un jour. Je me trompe peut-être, mais je pense que rien ne permet d’affirmer que ces limites sont nécesaires. Il me semble en premier lieu que tous les gens du monde (civilisé) ont le mêmes préoccupations. Peut-être est-ce dû à la mondialisation. Peut-être simplement parce que nous sommes tous humains. Néanmoins, une différence de culture, de nourriture, de religion ou de richesse justifie-t-elle de créer un nouveau pays ? En France, il y a bien des dizaines de dialectes, cultures, gastronomies, religions et niveau sociaux différents. Pourtant, nous appelons cela « France » et ne cherchons pas à créer un nouvel État pour chaque différence trouvée. C’est également la preuve que ces limites ne sont pas nécesaire au maintien des cultures locales ou des langues.

J’avais déjà fait un article qui posait la question « Quel est le sens d’avoir plusieur monnaies ? », je pense que la présente question va dans le même sens. Pourquoi certaines personnes peuvent facilement aller partout alors que d’autres devraient rester chez elles ? En plus, j’ai le sentiment que ces questions d’États sont génératrices de guerres et de discordes. Les Israëliens se battraient-ils contre les Paletiniens si personne ne réclamait la propriété de Jérusalem et autres ? Si tous ceux pour qui ce lieu de culte est significatif avaient le droit d’y vivre, entrerait-on dans des affrontements sanglants pour le conquérir ?

Ouvrez les frontières ! Et puis comme ça, si les étrangers vous piquent votre boulot, vous pourrez toujours aller leur piquer le leur.

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Jouer dans un groupe

C’est une expérience unique d’écouter un vieil enregistrement qu’on a fait avec un groupe. D’entendre cette musique, articulée et harmonieuse, synchrone et symbiotique.Entendre l’entente. Une quasi-transe due à l’attention qu’il fallait dégager pour toujours jouer, mais s’adapter et compléter et laisser la place et partager l’espace sonore, en laisser un bout à chacun et parfois tout laisser. Et soudain, les secondes accidentelles d’après-fin ; celles où chacun reprend son indépendance et la séparation des esprits se dévoile. Le bordel parce que chacun joue son petit truc, que l’un parle et l’autre essaie des mélodies. Comme la désagrégation d’un édifice finement équilibré, l’écroulement des blocs.

Que c’est agréable ! La musique en ce qu’elle est le rassemblement des différences. Cet enregistrement que j’ai écouté, m’évoque une profondeur et une intensité rare malgré les couacs, parce qu’on entend seulement ce que ça pourrait devenir. Une énorme partie n’en était pas calculée. Et même lorsque plusieurs d’entre nous improvisions, cela s’accordait plus que si quiconque avait élaboré quelque chose de construit à ce moment. Et on l’entend aussi, à la fin de la piste. La quasi-surprise : « Eh bien ! Ça sonnait bien à un moment. À deux, même. »

L’enregistrement trop long, ou comment accidentellement capturer de bons souvenirs.

Merci pour tout. C’est quand qu’on refait de la musique ensemble ?

P.S. : Bien sûr, cela ne s’applique pas si vous n’appréciez pas ce que vous jouiez ou les autres musiciens.

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L’alarme est sonnée… Ou pas

Encore un échec de canard le capitaliste.
Cet article du Monde.fr m’a fait très peur. J’ai failli me jeter d’un viaduc, mais tant qu’à faire, je me suis dit que je pourrais lire l’article jusqu’au bout.

Le premier paragraphe est alarmant. Nous n’avons pas progressé pendant un trimestre et pourrions même régresser d’ici le troisième ! OK, on va tous mourir de faim. Et sinon ? Ah, en fait, on et pas sûr, ce sont juste les prévisions de la Banque de France. Bon, il faut avouer que vu que la Banque de France a tendance a être trop optimiste, on est certainement dans la mouise s’ils prévoient la stagnation.

En outre, il est drôle de voir qu’on devrait stresser pour 0,1% de contraction de l’activité pour deux trimestres consécutifs. ce qui voudrait dire que sur 6 mois, nous aurions eu une baisse cumulée de moins de 0,2%. Donc en fait, pour ces hurluberlus, il vaut mieux y aller franco à 7% de contraction direct puis ensuite revenir à une croissance de 0,1% tranquillou pendant un trimestre. Ouf, on a évité la récession !

Peut-être que je n’y comprends rien, mais de là où je me trouve, les journalistes du Monde (et les économistes qui tirent la sonnette d’alarme) n’ont rien à envier aux sorciers d’Harry Potter que le seul fait d’invoquer le nom de Voldemort suffit à faire trembler de peur.

Pour revenir au choses sérieuses, ayant la « chance » de travailler dans une entreprise (privée), j’ai entendu maintes fois que l’économie s’est contractée à cause de l’élection de François Hollande. Encore une fois, c’est la conséquence d’une économie plus qu’instable, car se basant sur des préceptes de prophéties auto-réalisatrices. Les gens ont eu peur que l’économie chute avec François Hollande, alors elle a chuté. Comment peut-on supporter que la superstition décide de notre richesse et de notre pauvreté ? Le pouvoir appartient à une diseuse de bonne aventure.

J’attends les commentaires avec impatience !

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L’anti-tabagisme

Une première pour inaugurer, espérons-le, une série de pensées sorties comme ça d’on ne sait où. Parce qu’on n’a pas toujours des argumentaires épanouis et construits et aussi, parce que certaines pensées ne sont liées à rien qu’à elles-mêmes et ne justifient donc en rien un long papier.

Courtement, je me demandais pourquoi on pouvait constater une telle haine contre les fumeurs. Déjà, les restrictions des espaces fumeurs (tout à fait justifiée à mon sens), mais aussi la création de zones entières (campus) dans lesquels il est interdit d’embraser la moindre poussière de brindille en tube.

Cela est connu par les services de sécurité comme source de danger importante. Et oui, un fumeur en manque a de grands risques de fumer, autorisé ou pas. L’interdiction portée à une zone est donc dangereuse en ce que l’interdiction est totale pour quelqu’un dans l’incapacité de quitter les locaux concernés (patient d’un hôpital, par exemple). Ce à quoi on me répond souvent que ces gens n’ont « qu’à pas fumer » ou que « ils savaient bien que c’était une connerie de fumer, ils avaient qu’à pas commencer. »
Ceci n’apporte évidemment rien au problème, en plus d’être une erreur de logique primaire, en ce que :
– soit on montre l’ignorance qu’on a pour ce qu’est une addiction et ce que c’est d’être dépendant.
– soit on nie les principes de la relativité d’Einstein en conseillant aux gens pour aller mieux, de ne pas commettre les erreurs qu’ils ont commises il y a des années.

Bref. Fumer n’est pas autant un choix qu’un besoin dans la vie d’un fumeur. Je ne comprends pas ce qui justifie de stigmatiser les gens qui succombent à un pêché tout à fait légal et qui font eux aussi partie de la société.

Une chose intéressante qu’on m’a dite était : « Les fumeurs nuisent à ma santé quand ils fument sans égards à côté de moi. »
C’est vrai et c’est une attitude tout à fait détestable de ne pas prendre les autres en considération.
Néanmoins, me vient l’image des dizaines de millions de gens qui ne fument pas mais prennent leurs voitures et qui nuisent bien plus à ma santé qu’un quelconque fumeur peu respectueux.

Ceux-ci ne sont pas stigmatisés et on ne leur interdit pas de rouler devant ma porte d’entrée . Eux aussi polluent mon air, et ceci même s’ils ne sont pas proches de moi. Pourtant, en tant qu’ex fumeur, je trouve que prendre sa voiture relève bien plus d’un choix de confort que la cigarette. Il n’y a pas d’addiction à la voiture. Il n’y a que la facilité. À moins qu’on vive dans un lieu reculé dans lequel son usage est indispensable. La plupart du temps, la voiture est un produit de luxe néfaste pour tous et dont on pourrait se passer. De plus, la consommation d’essence génère des guerres, donc des meurtres.

J’avais dit courtement. Je n’aime pas la cigarette et ses effets. Mais j’aime encore moins le mépris, surtout celui autorisé, voire encouragé par la bien-pensance sanitaire.

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Les raisons de changer le monde – Episode 2

L’épisode 1 ici.

Tout le monde s’accorde à dire que le monde doit changer. On attend des politiciens qu’ils aient un programme, c’est bien parce qu’on attend un changement. Qu’il se passe dans un sens ou dans un autre. Ce qui nous amène à cette deuxième raison de changer le monde.

 2 – L’impuissance politique

Dans l’article précédent, ma logique me soufflait déjà que si des gens continuaient de souffrir sans pouvoir répondre à leurs besoins de subsistance les plus basiques, c’est que ceux qui ont l’argent ne sont pas généreux. Pour quelles raisons ? Peut-être qu’ils ont juste perdu le sens des réalités au point d’oublier qu’au bout de la chaîne de l’assainisement de budget, il y a quelques milliers d’ouvriers qui perdront leur seule source de revenu pour que le chiffre d’affaire de l’entreprise gagne 0,2%. Peut-être que ce sont simplement des connards d’égoïstes qui cherchent à entasser des billets dans un coffre pour plus tard y piquer une tête. Peut-être qu’ils ont juste un problème psychiatrique. La réalité doit certainement être un peu plus modérée, c’est-à-dire qu’on retrouve un peu des trois.

Je vais utiliser la logique. Ces gens ne sont pas généreux. Donc, ils ne veulent absolment pas partager leurs avantages. Ils veulent donc les conserver.

Le moyen par lequel ils arrivent à leurs fins est purement et simplement notre système politique. Mais peut on encore parler de politque. Personnellement, je la confonds avec l’économie vu comme nos politiciens n’ont toujours que l’argent à la bouche mais aussi, à voir comment le manque d’argent donne le droit aux banques de dicter non seulement la conduite, mais purement et simplement de décider quels seront les représentants d’un pays.

Les réflexions d’Etienne Chouard m’ont beaucoup apporté et j’en parle d’ailleurs dans cet article. L’évidence était sous nos yeux tout du long et nous ne l’avions pas vue. D’aucun dirait qu’on nous la cache. Tout peut encore une fois se démontrer en un court exercice de logique :

  1. Nous votons pour un Président de la République.
  2. Lorsque nous votons, nous choisissons la personne que nous apprécions le plus.
  3. Une personne qui fait une meilleure publicité a donc plus de chances d’être élue.
  4. Une bonne publicité demande de l’argent et la coopération des médias.
  5. Un candidat qui a beaucoup d’argent à investir dans sa campagne est donc plus à même d’être élu.
  6. Ceux qui ont beaucoup d’argent à investir dans un candidat ceux qui ont beaucoup d’argent tout court.
  7. Le candidat élu est donc très probablement celui soutenu par les riches.
  8. Un parti est dépendant de ses soutiens.
  9. Le Président de la République défendra toujours l’intérêt des plus riches.

Le principal problème ne vient pas du fait que le gouvernement avantage les plus riches et développe un système extrêmement inégalitaire (même si l’accroissement des inégalités est la cause première du mal-être social et par conséquent des problèmes de société). Le problème vient du fait que la population qu’il avantage n’est qu’une portion infinitésimale du spectre électoral. C’est-à-dire que le gouvernement n’a pas à coeur le bien-être de la plupart de ses électeurs. Seulement ceux aux mains du pouvoir monétaire.

Dans cette situation, pourquoi voter, sachant que de toute manière, les personnes qui ont une chance d’être élues ne feront rien pour améliorer vos conditions de vie ? Pour cela, on choisit le moindre mal. C’est-à-dire ceux dont la politique, par effet de bord, améliorera de façon légèrement plus marquée notre bien-être. Mais au fond, nous sommes impuissants car tous les élus nous amèneront plus avant dans une politque de compétitivité globale (et j’insite sur « globale » qui fait que si les riches deviennent beaucoup plus riches et les pauvres beaucoup plus pauvres, le pays, d’une manière globale, s’enrichira. Mais pour cela, la grande majorité des gens se seront appauvris).

D’aucun disent qu’on ne peut pas abandonner le fait de voter pour notre gouvernement, car c’est là la force de notre condition d’électeur. Ils ont raison. C’est en fait le seul pouvoir que nous avons : choisir qui prendra les décisions à notre place. Nous votons une fois tous les cinq ans, puis nous n’avons plus notre mot à dire. La seule possibilité que nous avons de nous faire entendre est de manifester une fois que l’annonce d’une modification déplaisante à été faite. C’est bien la preuve que personne ne s’est soucié de notre opinion lors de la conception des mesures qui veulent être mises en place.

Les fervents défenseurs du droit de vote ont souvent le problème suivant qu’ils projettent l’abandon de ce droit dans un système qui continuerait à fonctionner comme il le fait déjà. C’est à dire qu’ils ont la peur raisonnable que l’abandon de leur seul droit les rendra complètement impuissants. Mais cette vision des choses est aussi absurde que, si l’on propose que les joueurs de foot aient le droit de jouer avec les main, certains rétorquent qu’alors, les règles en vigueurs les sanctionneront et que notre équipe de foot sera alors toujours perdante. Si l’on propose que les joueurs de foot puissent jouer avec les mains, il va de soi que les règles du foot devraient également être changées pour ne pas nuir au succès des équipes.

La proposition d’Etienne Chouard de rétablir la démocratie en utilisant le tirage au sort de nos représentants s’inscrit évidemment dans une organisation de notre société amplement modifiée. Des décisions pour lesquelles tous les citoyens se concertent (ou du moins, un très grand nombre de représentants impliqués à petite échelle). Dans ce contexte, l’abandon du droit de vote n’est pas l’abandon du seul pouvoir que nous avons, car nous avons déjà rectifié notre impuissance générale en donnant une voix à tous concernant toutes les décisions.

Mais les acteurs politiques ont bien fait leur coup. Ils nous ont fait croire pendant des siècles que le vote était le siège de notre pouvoir en tant que peuple et que notre voix s’exprimait par ce biais. Ils ont même appelé cela droit de vote, alors que restriction de notre pouvoir au vote aurait été une dénomination bien plus honnête. De même, ils nous ont fait croire que le vote était le garant de la démocratie et qu’il était essentiel à celle-ci, alors qu’il est celui qui l’empêche d’exister en délégant la prise de décisions à un petit nombre de personne qui n’ont pas de comptes à rendre et qui n’auront donc de cesse d’augmenter leur propre pouvoir au détriment de celui du quidam, ce qui est une réaction tout à fait naturelle. Néanmoins, au fil des siècles, le pouvoir s’est progressivement autonomisé, au point qu’il est maintenant possible pour les ministres de voter des mesures les concernant sans avoir à recourir à l’avis de quiconque. Quand il est possible de changer la loi pour qu’elle vous avantage directement, comment peut-on penser que l’Etat est responsable et qu’il n’y a pas de conflit d’intérêt ? Je pense par exemple à certains projets de loi cherchant purement et simplement à limiter l’abus de bien public à leur utilisation pour soi-même ou un membre de sa famille, ce qui aurait laissé quartier libre aux abus se faisant au profit d’un tiers (ami, partenaire financier, etc…).

Même si notre impuissance actuelle à sa source dans le fait que nous votons, celle-ci a des sources bien plus lointaines dans l’Histoire et dans les esprits. La première étant que lors de l’établissement d’une démocratie en France à la révolution, aucun des penseurs n’aurait fait la grossière erreur de confier la prise de décisions capitales aux ignorants. Il fallait donc laisser le pouvoir au mains de gens compétents. Comment était-il possible de créer une vraie démocratie en partant du principe qu’il était de première importance d’empêcher les ignorants – et donc les plus pauvres – d’exprimer de façon sensible leur opinion ? Beaucoup pensent qu’il est important que le pouvoir soit aux mains de personnes compétentes et que la plupart des gens ne sont pas à même de prendre les bonnes décisions dans des domaines qui demandent une grande expertise. Mais bizarrement, la politique n’est pas du tout une question d’expetise, malgré ce que veut nous faire croire le gouvernement en place et à vrai dire tous les autres aussi. Un politique ayant étudié la politique n’en saura pas plus concernant les domaines de la santé, de l’environnement, de l’éducation et quasiment tous les autres domaines, qu’une personne n’ayant pas fait de politique. Dans ce cas, quelle est la légitimité des hommes et femmes politiques à prendre des décisions nous concernant ?

Le fait est que le tirage au sort, associé à la mise en place de réelles sanctions en cas de manquement à leurs obligations, peut rétablir l’honnêteté et la compétence du gouvernement représentatif. Le problème est que notre gouvernement applique la plus grosse caricature du communisme. Tous les ministres sont payés de la même façon et sans aucune obligation de résultats ou de compétence. Dans ce cas, pourquoi devraient-ils se donner la peine de travailler ? Autant passer ces années de bon salaire pour voyager à droite à gauche et faire des speechs à tout-va histoire d’augmenter sa côte. Les dépenses de campagne sont encore une chose que le tirage au sort supprimerait : si vous n’êtes pas élu, vous n’avez aucun intérêt à être aimé du public ou à essayer d’être choisi. Encore un gain de temps et d’efficacité non-négligeable.

Mais ce qui me touche le plus est que je pense que le tirage au sort permettra à notre pays de recommencer à avoir des principes. Quand notre gouvernement n’a que l’argent aux lèvres et les chiffres aux yeux, mû par un droit légal de prendre n’importe quelle décision (car ils sont élus), il est bien plus inhumain que n’importe qui. Le traitement médiatique de la guerre du Vietnam aux Etats-Unis montre bien que la population, au vu des horreurs de la guerre, avait tendance à s’opposer aux atrocités commises par leur pays, aussi bien qu’à cause des risques pour les leurs. En d’autres mots, on peut penser qu’un pays aurait moins tendance à se lancer dans des guerres pour des raisons économiques si on demandait objectivement l’avis des citoyens. Mais c’est là qu’interviennent les médias et ce sera l’objet de la troisième partie.

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Les raisons de changer le monde – Episode 1

J’ai une annonce à faire. Après des mois d’absence — qui me semblent comme des années au vu du plaisir que je prends à écrire — je compte à nouveau prendre le temps de faire vivre ce blog qu’à vrai dire peu de gens lisent (mais vous êtes les seuls qui comptent vraiment).

Ah oui, j’avais dit que j’avais une annonce. Voila, sans préambule : Je suis devenu progressiste. C’est-à-dire que j’ai été poussé à réfléchir à ce qui ne va pas dans notre société et que je porte désormais en moi la puissante volonté de changer profondément le système actuel, jusque dans ses bases. Surtout dans ses bases. Plus simplement, c’est ce que les défenseurs du système en l’état appellent extrémisme. C’est amusant, car mes opinions n’ont rien d’extrême. Elles ont été appelées par ma seule raison. En quoi la logique peut-elle être extrême ? Elle l’est simplement parce qu’elle demande de s’éloigner considérablement de la norme actuelle. Mais lorsque la norme est extrême, une position neutre semble extrême.

Au cours des derniers mois, on m’a dit beaucoup de choses. Que j’étais extrémiste, donc. Que j’avais été manipulé par des arguments tronqués. D’autres choses encore… Ce billet n’aura donc PAS pour but de répondre à ces commentaires. D’une, parce que c’est chiant. Vous avez autre chose à faire qu’écouter les pleurnicheries d’un ego remué. De deux, parce que ça n’apporterait rien. Simplement, je vais présenter par le menu les choses qui m’ont interpellé.
(EDIT : En fait, j’ai déjà tellement de choses à dire sur le premier point que je vais décomposer ça en plusieurs articles)

1 – Les 99%
Vous n’êtes pas sans savoir qu’aux Etats-Unis, presque 37% des richesses étaient détenues par 1% de la population en 2007. Après le crise des subprimes en 2008, 24% de la richesse du pays sont détenus par 1% de la population. Malgré cela, les pauvres ne gagnent pas plus d’argent, c’est juste que les riches en ont moins et ils ont l’intention de faire payer les pauvres pour leurs erreurs, comme le montrent toutes les mesures drastiques de redressement discutées récemment. Un calcul facile me fait donc comprendre qu’en moyenne, une personne appartenant au centile le plus riche touche purement et simplement ( 24 fois 99 ) fois plus qu’une personne quelconque appartenant aux autre 99%. 24 fois 99, ça fait presque 2.400 (ça fait exactement 2376). La tendance à beau être moins accentuée dans les autres pays du monde (et encore…) c’est partout le même problème.
Cela implique plusieurs choses. Déjà, est-ce que ces gens travaillent réellement 2400 fois plus que les autres, en moyenne ? Il n’y a que 24 heures dans une journée et 365,25 jours par an. Même si vous ne bossez pas très dur, que vous êtes à mi-temps et que vous avez plein de congés payés, ce qui ramène votre temps de travail a environ 5 mois, multiplié par 2,4, ça donne quelqu’un qui bosse a temps plein toute l’année sans prendre de congés. Multipliez ça par 5 et vous obtenez quelqu’un qui exploite chaque minute pour avancer dans son travail. Multipliez ça par 2 et vous avez une personne qui ne fait que bosser tout le temps et a à peine le temps de dormir. En gros, en étant généreux, on trouve qu’un obsédé du travail bosse environ 24 fois plus qu’une feignasse de fonctionnaire ayant fait une grossesse. Le reste du facteur de différence dans le salaire devrait se retrouver dans l’efficacité d’une personne à faire son travail. C’est-à-dire la rapidité avec laquelle elle fait avancer son travail.
Quand une personne dit que notre système capitaliste est juste et bon (comme le bon Dieu), elle est donc en train d’avancer qu’elle a la certitude que les plus riches travaillent au moins 100 fois plus efficacement qu’un travailleur moyen. Bouarf.
L’évidence est que notre système n’est pas base sur le mérite, ni sur le travail. Il est basé sur la rentabilité et la productivité. Deux critères qu’il est concrètement absurde de poursuivre. Le premier parce que la rentabilité ne prouve en rien la valeur d’une tâche. Les traders sont-ils nécessaires à la bonne santé de l’économie ? D’un point de vue tout à fait violent, je dirais que les traders sont au mieux inutiles. Des gens qui grappillent l’argent qui dépasse entre les transactions. Mais c’est au mieux, parce que l’argent qu’ils prennent est de l’argent perdu pour l’économie et donc pour l’industrie et les services. Ce qui fait le plus mal, c’est que c’est de l’argent perdu pour rien. Donc non, la rentabilité d’un travail n’est pas lié à sa qualité ou son utilité. On peut trouver d’autres exemples faciles dans tout ce qui concerne les produits de luxe et la grande distribution.

Pour sa part, la productivité est un mauvais critère parce que d’une, pour produire plus, il suffit de faire en sorte que les gens travaillent plus pour le même salaire ou de pouvoir les payer moins. En aucun cas une grande productivité n’encourage l’amélioration des conditions de vie des gens. Seulement les conditions de vie de ceux à qui profitent la productivité, c’est-à-dire ceux qui peuvent se servir des profits d’une entreprise pour eux-mêmes. De plus, les ressources naturelles ne sont pas illimitées et produire toujours plus tend à un épuisement de celles-ci. Après, on peut toujours dire que les entreprises embauchent et que c’est pour ça qu’il faut les aider à grandir. Et même si on accepte un tel argument, cela ne justifie pas l’écart dans la répartition des richesses.

Encore des maths, toujours des maths.  C’est vraiment simple, un PDG qui touche 200 millions nets par an. Qu’est-ce qui l’empêche de ne toucher que 100 millions par an et de de permettre à son entreprise d’employer 2000 personnes de plus, ou peut-être seulement 1000 personnes de plus et la construction de nouveaux locaux, etc… Mais ce n’est pas le cas. D’ou ma conclusion que les grandes entreprises ne favorisent pas amélioration des conditions de vie. Elles la ralentissent en concentrant les richesses en un nombre restreint de personnes. Mais ce n’est qu’un exemple d’un cas particulier, même si cela englobe toute les grandes entreprises et donc la plus grande partie de l’argent en circulation.

Dans le monde, 1% de la population possède 40% des richesses et 20% possèdent 85% des richesses. Le même calcul porté sur l’ensemble de la population nous indique simplement que si les 20% les plus riches gagnaient un tiers en moins, c’est-à-dire 56.6% des richesses, 99% de la population gagnerait 3 fois plus (43% au lieu de 15). Sic.
Pourtant, avec un tiers en moins, ils ne devraient pas être trop pauvres, si ? Je ne dis pas que ce serait une bonne chose de mettre le SMIC à 3.000 euros par mois en France et ce genre de choses. Seulement, ces chiffres montrent bien qu’en “appauvrissant” une petite minorité de gens, on peut énormément améliorer la vie de 4 personnes sur 5 ! Ne serait-ce pas ce qu’il faudrait faire plutôt que d’enrichir cette petite minorité en se basant sur l’espoir utopique que leur richesse permettra à la totalité de la population de vivre mieux ? Les richesses sont là, concentrées en une minuscule portion de l’humanité, pourquoi faudrait-il attendre que cela crée une amélioration des conditions de vie pour tous sur 100 ans (et prier pour qu’on trouve assez d’argent pour rembourser notre dette nationale et augmenter l’age de la retraite en attendant, etc…) quand les ressources sont bien plus que suffisantes pour le faire maintenant ? Et de façon beaucoup plus significative.

Des centaines de millions de gens, sinon des milliards luttent chaque jour pour manger et pour accéder à de l’eau potable. Ces problèmes pourraient tous être résolus en un clin d’oeil en ponctionnant une quantité d’argent conséquente mais négligeable pour ces gens-là. Il est évident que quand les gouvernements et les experts nous expliquent que notre système est le plus juste et le plus efficace pour améliorer les conditions de vie de tous, c’est un mensonge éhonté. Quand ils disent que le bien-être de tous passe par le malheur de certains, c’est d’une ironie morbide. Sinon, pourquoi laisseraient-ils une minorité s’enrichir, plutôt que de permettre a des milliards de personnes de vivre mieux. Et “vivre mieux” est un euphémisme ! Je devrais dire “accéder aux ressources essentielles qui sont un minimum vital”. Autrement dit, pourquoi laisser 850 millions de personnes crever de faim et 900 millions sans accès à de l’eau potable (et je suppute que ce sont souvent les mêmes), pourquoi laisser un milliard de personnes dans le monde crever comme des chiens alors que toutes les ressources sont là, tout l’argent est là, toute les connaissances aussi…
Une seule raison s’impose. Je ne vais pas la dire, sinon je vais avoir l’air d’un extrémiste. De toute façon, vous avez compris.

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Notre système n’est pas démocratique

Vous avez certainement déjà vécu ça. Ce qu’on vous explique vous semble évident mais vous n’y aviez jamais pense auparavant. C’est ce que j’ai ressenti en regardant cette vidéo :

Ne vous inquiétez pas, j’ai déjà testé sur d’autres personnes avant, donc je sais bien ce que vous êtes en train de vous dire. Que cette vidéo fait une heure trente et que vous avez une soudaine envie de regarder chasse et pêche plutôt que d’entreprendre un périple incertain. Et c’est là que j’interviens, car j’ai déjà vu cette vidéo et peut vous dire : « Regarde-la, elle est édifiante ! »

Et pour les fainéants, il y a la suite de l’article (et pour les autres aussi d’ailleurs).

Je vais essayer de résumer le propos rapidement tout en essayant de conserver un raisonnement logique.
Une démocratie signifie que le pouvoir est détenu par le peuple. Or dans nos sociétés, on élit des gens pour nous « représenter ». Le pouvoir n’est donc pas détenu par le peuple, mais bien par les politiques pour lesquels on est obligé de voter (essayez de voter pour votre cousin Georges aux présidentielles, on verra bien ce que ça donne). Nous sommes en fait confrontés a une oligarchie, c’est-à-dire que le pouvoir est détenu par un petit groupe de personnes.

C’est le genre de constats qui saute aux yeux, quand on y pense. Qui n’a jamais pensé qu’on n’avait pas vraiment le choix, qu’aucune des figures politiques ne nous représentait correctement ? La situation dans laquelle nous sommes n’est pas celle de choisir comment nous serons représentés, elle est de choisir la personne que nous croyons être celle qui se rapproche le plus de nos idées, puis d’espérer placidement qu’elle fera des choses qui nous plaisent. Personnellement, je n’appelle pas ça être représenté, mais choisir son maître. D’ailleurs, je crois qu’Étienne Chouard dit la même chose quelque part.

La partie la plus intéressante, c’est celle dans laquelle il expose, en se basant sur la démocratie Athénienne, comment mettre en place un système politiquement égalitaire. C’est aussi la partie qui fait peur à de nombreuses personnes, car il précise que ce qui cause et permet cette oligarchie n’est autre que le principe même de l’élection. Il exprime la nécessité de ne pas avoir d’élections, mais de les remplacer par un tirage au sort parmi les citoyens.

Comme je vous l’ai dit, j’ai déjà fais le test et je sais qu’à cet instant précis, nombre d’entre vous s’insurgent contre cette proposition aberrante de renoncer à ce qui fait le garant même de la démocratie et sans laquelle nous serions dans l’incapacité de décider quoi que ce soit. J’avoue que j’ai un peu la flemme de recommencer à argumenter pour chaque argument pour vous montrer que non, ça marche, et non, c’est pas idéaliste, c’est justement très réaliste, et non, c’est pas dangereux parce qu’on a pensé à tout, et non, ça marche. Donc vous allez devoir me croire sur parole quand je vous dit que ça se tient et que la plupart des objections que nous élevons sont causées par notre incapacité à penser au-delà de ce que nous avons vécu et notre propension à tout rapporter à la situation dans laquelle nous sommes alors que dans la plupart des cas, nous ne pouvons pas transposer cette situation dans notre société.

Si vous voulez des réponses, on peut soit commencer un débat sur ce blog, mais je suis certain que regarder la vidéo sera plus instructif que de m’écouter faire de la mauvaise paraphrase. N’empêche que ça me fera plaisir d’en discuter !

A faire tourner.

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